Géraldine Lay, North End & Impromptus

Geral­dine Lay la vagabonde

Impromp­tus et North End sont des suites d’errances. Le second livre est plus « flé­ché » que le pre­mier. Celui-ci est plus intime mais dénote tou­jours une prise par­ti­cu­lière sur le réel et son éten­due rete­nue par de petits pans d’attention aux autres.
L’artiste sort tou­jours des enfers de Bosch, sans fixer de limites si ce n’est à l’impudeur. Des san­glots longs de l’automne ou de le pluie jaillissent les êtres et le monde tels qu’ils sont. Et pour­tant une trans­fi­gu­ra­tion a lieu.

Sous une forme de froi­deur ou plu­tôt de rete­nue, l’artiste ne cherche pas à faire bouillon­ner les fan­tasmes. Elle plonge au cœur des villes pour suivre le monde tel qu’il est. Voir ces images, c’est regar­der un film lent où tout le monde galope, un films rapide où les choses bougent à peine. Le tout à la recherche d’un cer­tain angle et d’une cer­taine lumière à l’appel du jour.
Il s’agit de refou­ler le refou­le­ment sans cher­cher à cho­quer. Juste don­ner du grain à moudre au regar­deur qui, par le plus simple, touche à l’essentiel en ce ras­sem­ble­ment des pierres blanches que les êtres sèment dans leur silence.

Cela revient à balayer la pous­sière, à rendre la vie moins vieille. Oublier Palerme pour retrou­ver les pay­sages du Nord de l’Europe. Cas­ser le silence mais sans un bruit dans ce qui tient de l’ordre de la caresse.

jean-paul gavard-perret

Géral­dine Lay,
North End, Edi­tions Actes Sud,
Impromp­tus, Edi­tions Pour­suite, 2018.

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