Marie C Poix-Tétu, À la poste d’hier
Marie C Poix-Tétu offre un portrait de femme dolente. Confrontée à la perte d’un amour, la possibilité d’écrire va lui permettre de sortir la tête de l’eau. Quoique couverte d’ecchymoses affectives, elle va réagir (ou presque) en puisant dans son destin la force de tenir.L’auteure donne toute la puissance de son style à cette histoire aussi simple qu’étrange.
Confrontée à sa détresse une fois quittée par son amant, elle improvise : le premier nom trouvé dans un bottin lui donne l’occasion folle de commencer une correspondance sans retour avec une femme inconnue.
Nul ne sait si elle dit vrai – inconsciemment ou non – en remontant son passé. Elle fait traverser des paysages urbains et campagnards, de Lyon à Santilly, des brumes de la Saône à la campagne bourguignonne. Et peu à peu l’auteur nous introduit dans un univers de dérive là où l’écrit remplace la parole puisqu’il n’y a personne pour l’entendre.
Ainsi se construit un lieu étrange en un soliloque muet face à une lectrice qui, tout en gardant le silence, donne sens à une existence qui n’en a plus. La litanie des phrases et des temps percute étrangement le lecteur ou la lectrice pris dans le filet de celle qui a la fois se reconstruit mais finalement s’enferme.
jean-paul gavard-perret
Marie C Poix-Tétu, À la poste d’hier, Editiond Jean-Pierre Huguet, collection Les Sœurs Océanes, 2018, 240 p.
