Hervé Poulain, Le Marteau et son maître

Hervé Poulain, Le Marteau et son maître

Une lecture à la fois divertissante et instructive

Les mémoires du commissaire-priseur Hervé Poulain ont de quoi séduire les amateurs d’art, mais aussi les amateurs d’anecdotes. Leur auteur s’avère étonnamment doué pour raconter des histoires cocasses, extravagantes ou sinistres, qui émaillent ses souvenirs d’une galerie de portraits en miniature : le bibliophile à la collection fabuleuse, qui vit dans une chambre de bonne et meurt à la veille de ce qui aurait pu être son triomphe public ; Édouard VII commandant un « fauteuil d’amour » conçu pour lui permettre de s’amuser avec deux prostituées ; le collectionneur qui souhaitait offrir au Louvre une tête momifiée, qui serait celle d’Henri IV ; Andy Warhol peignant sur une voiture de course que Poulain allait piloter aux 24 heures du Mans…

La variété et le pittoresque des anecdotes vont de pair avec le personnage qu’Hervé Poulain se révèle être à travers ses souvenirs : curieux de tout, plein d’humour, et cependant pourvu d’un caractère bien trempé qui transparaît à travers les pages polémiques de l’ouvrage, consacrées à l’état actuel de son métier et à la place qu’occupe la France sur le marché de l’art.
Elles promettent de faire polémiquer longuement les intéressés ; le profane en retiendra le constat d’un déclin alarmant.

 

Parallèlement, l’auteur retrace les étapes de son propre parcours, qui semble être satisfaisant au possible, et raconte ses souvenirs de divers artistes, dont la liste impressionnante comprend Alexander Calder, Frank Stella, Roy Lichtenstein, César, Armand, mais aussi de grandes vedettes de cinéma : ses amis Lino Ventura et Alain Delon, Michèle Morgan amusée par des photos de charme d’autrefois, Belmondo faisant un procès à Robert Combas, Paul Newman assailli par la foule au Mans. Tant et d’autres célébrités sont évoquées avec un souci évident d’épater le lecteur, qu’on ne saurait le reprocher à Poulain : somme toute, en tant que mémorialiste, il se montre habile à vendre comme dans son métier.
Le ton tantôt blagueur, tantôt incisif, et le rythme rapide de son récit contribuent à nous faire apprécier cette lecture à la fois divertissante et instructive.

a. de lastyns

 

   
 

Hervé Poulain, Le Marteau et son maître, Plon, mars 2010, 256 p. – 19,90 €

 
     

 

 

 

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