Juliette Brevilliero, 100 échos du chaos
Brevitae Vitae
Juliette Brecilliero assemble cent haïkus hybrides sur l’absurdité du monde, le chaos existentiel : bref et comme elle l’écrit, « cent fragments de néant où le vide, les murs et l’horizon interrogent la folie ambiante, l’absence, le temps, la nostalgie, l’oubli, le regret ». Ici, le non-sens de la condition humaine et la conscience de la finitude trouent l’éternité, montrent l’assassin et laissent monter la voix, tissent l’absence.
Et si les voiliers voguent voilure au vent, les limaces au sol laissent une trace là où un terrier les abrite. C’est comme si de la poétesse on avait retiré la langue : elle la tire, devenant « escargote » sortant ses cornes et portant sa coquille.
Sans doute, hors de sa naissance, il y eut selon les experts une chaleur accablante. Mais demeura une erreur de pronostic : un intrus brouilla les cartes qui donnaient l’atout. Par la fenêtre, la mer éteignait les flammes pour sectionner les liens aux ascendants. Mais l’auteure déduit du présent le passé en suppléant les silences. Une théorie germe tandis qu’au fil des du temps s’engendre un trou comme s’il n’y avait pas de place pour s’asseoir. Mais l’auteure l’accompagne dans ses déplacements.
Afin d’empêcher que les mots habillent son cadavre, elle se fait louve non assoiffée de linceul. Elle en déchire la cloison qui communique avec un ailleurs. Comme à l’intérieur de la tête, les yeux le font dans le rêve. Dès lors, ses haikus deviennent une sorte de théâtre des répliques qui s’enchaînent ou se chevauchent. La fougue anime son esprit et se concentre sur le va-et-vient de ces textes.
jean-paul gavard-perret
Juliette Brevilliero, 100 échos du chaos, Editions Les Bonnes feuilles, 2026, 118 p. – 18,00 €.