Jean-Christophe Brisard & Michael Malatini, Mea Culpa – t.02
Les derniers soubresauts…
Le régime nazi est en fin de vie mais des dignitaires SS pensent encore gagner la guerre avec leurs armes spéciales et un soutien du Vatican.
En août 1944, le père Hans, à la frontière entre l’Allemagne et l’Italie, est malmené par des soldats alors qu’il doit se rendre en mission à Rome.
Deux jours plus tard, dans le monastère d’Olpe, près de la Belgique, Neuhaus retrouve le père Otto qui s’était réfugié là et l’emmène à Berlin. Alors que la Supérieure demande cinq minutes pour lui faire ses adieux, il reçoit un appel téléphonique de Rome, du père Hans, qui le rassure: les documents sont en possession du Vatican.
À la prison de Plötzensee de Berlin, Himmler assiste à la pendaison des auteurs de l’attentat du 20 juillet. Neuhaus est présent, qui se félicite des contacts qu’il a à la cour du pape. Himmler le charge alors d’une nouvelle mission. Il veut que les SS contrôlent le programme des armes spéciales confié par hitler à la Wehrmacht. Pour cela, il lui faut la preuve que le colonel qui gère la base des V2 est de mèche avec la résistance catholique. Et Neuhaus va mettre en œuvre toute son ignominie habituelle…
Le récit dépeint un aspect de cette fin d’époque où se débattent ceux qui, contre toute logique, veulent croire à un retournement de situation et ceux qui pensent à sauver leur peau. Parmi les derniers fanatiques, le récit met en avant Himmler qui pense qu’avec ses SS il va pouvoir faire basculer le cours des événements.
Jean-Christophe Brisard a pu avoir accès à des archives allemandes mais surtout russes qui révèlent un certain nombre d’informations mises sous le manteau. Cette documentation ouvre la voie à des révélations et éclaire quelque peu le rôle d’une partie du clergé catholique et du sommet de la hiérarchie vaticane face au nazisme.
La galerie des personnages est riche en figures des diverses tendances. L’essentiel du récit s’appuie sur Karl Neuhaus cet officier des services secrets de la SS qui incarne l’aveuglement tout en pensant à l’après. Il fait face à des hommes d’église qui refusent de céder, ces religieux résistants qui tentent de faire découvrir ces nouvelles armes encore plus terrifiantes.
Le scénario décline plusieurs axes narratifs qui concernent aussi bien les transmissions clandestines d’informations stratégiques, les enquêtes et manœuvres de Neuhaus, que les luttes entre les diverses factions encore au pouvoir.
Le dessin de Michael Malatini est réaliste et s’accorde au thème du récit. Il installe une reconstitution fine, tant des personnages que des décors, de Berlin sous les bombes, montrant les dévastations. La physionomie des principaux acteurs est bien reprise ainsi que l’expression des émotions, des sentiments.
La mise en couleurs est signée par Luici Zitelli qui impose une palette de teintes où dominent des gris, des bruns et des rouges. Cette combinaison arc-boute cette atmosphère de fin du monde.
Un dossier de six pages offre des documents très parlants, ainsi qu’une courte biographie de principaux acteurs de ce drame.
Mea Culpa combine de belle façon un récit historique appuyé sur une solide documentation, une histoire d’espionnage, en maintenant une tension jusqu’à la chute finale. Le tout est mis en images de façon attrayante.
serge perraud
Jean-Christophe Brisard (scénario), Michael Malatini (dessins) & Luici Zitelli (couleurs), Mea Culpa – t.02, Glénat, coll. 24×32, septembre 2026, 72 p. – 16,00 €.