Le bond et la bête

Le bond et la bête

Il n’y a, au fond, rien que de très banal dans l’amour. Mais cela évolue : jusque dans les années 1980 on tuait encore le cochon dans des fermes et les enfants apprenaient la sexualité au fil des jours par l’observation des animaux. Quant aux « trucs bizarres » que font les humains on ne le leur a appris que longtemps après.
Néanmoins et depuis toujours, tout naît du désir et de prendre du plaisir là où l’esprit fleur bleue se fane très vite. L’amour ou ce qui en tient lieu s’attache à un imaginaire car l’existence y est plus intense. Celle-ci ne fait que montrer sa propre énigme en construisant celle de vivre et de mourir.

Mais la vie dans la ferme a suscité le rapprochement de l’animal et de l’amour. Le second reste aussi mystérieux et inconnaissable que le premier. Celui-ci n’ayant pas de langue, il est impossible de le comprendre. Le mot lièvre par exemple donne l’idée de bondir – mais la levrette aussi. De la vie y passe par les mots voire dans la mise à jour de la métaphore. Dans les deux cas demeure un vague sourire d’enfance.

Photo : Torsen Kinkow

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