Lucie Rico, Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ?

Lucie Rico, Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ?

Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer sent le fièvre, la joie et la malice de la narratrice. Elle écrit son histoire et a besoin de la connaître. Mais en ce sens c’est un roman de suspense sur la narratrice car, sur son ordinateur, la touche « point » ne marche plus ! « J’ai compris que l’ordinateur tentait de me dire quelque chose en m’enlevant la possibilité de finir mes phrases. Ce n’était pas une panne, c’était un diagnostic », écrit la narratrice. Et elle ajoute : « La disparition des points réveillait une sensation que j’avais soigneusement tenue à distance. En moi quelque chose ne s’achevait plus. » Et Jennifer choisit alors de tout laisser sans point si bien que les choses n’ont pas ou plus de fin.

Le livre devient celui de l’inachèvement cher à Blanchot et aussi un bout d’un moi pour cause d’absence de bout de phrase. Le tout en rétablissant une reconstitution de la scène originaire afin de confronter le réel à sa phrase. Cette dernière conditionne le récit jusqu’à son existence même, entre mémoire, imagination ou rêve là où le « sang » glisse vers le sans du sens/ Là où la mémoire invente encore pour rendre le réel supportable en une sensation de chute autant physique que narrative.

Lucie Rico, Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ?, P.O.L éditeur, 2026, 272 p. – 21,00 €.

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