D’or et déjà

D’or et déjà

Revenir en ce que tu respires. Revenir à toi pour comprendre la forme de ton visage et de ton âme. Je ne veux rien prouver. Seulement écrire ce qui passe quand tout en toi cesse de retenir. Écrire aussi pour poser ma main sur la tienne pour te dire merci quand tu te laisses traverser sans te perdre.

J’écris depuis ta force du vivant – chaque mot vers l’invisible. Non pour expliquer, mais consentir. La terre marche avec nous et peut encore fleurir. De ta ruelle étroite sous ta forêt noire et ton ventre ocre s’étalent des visions. Ton soleil rend fou les bêtes et des ogres. Dans tes eaux chaudes ils baignent tels des poissons colorés. Ils font des vagues tumultueuses. Ton écume s’infiltre dans leurs veines. Et tu fais gonfler tes alevins.

Photo : Laurent Binet

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