Romain Frezzato, Monde minime

Romain Frezzato, Monde minime

Romain Frezzato est un poète moins rossignol que rossinnant. Il rue sur la langue, casse ses obstacles si bien que, dans ce fracas et en une telle ménagerie, ne restent que des brimborions ou Lego de phrases dont le but n’est pas de les remonter mais de les laisser en tas.
Mais c’est aussi une sorte d’immense métaphore : celui d’un monde en bribes (abattues). Et pour l’honorer (de Marseille), pas question selon lui de lutiner le lyrisme. Il l’exporte jusqu’à ce que la poésie n’ait plus de commerce ou de vitrine.

Dans son « dit : dot. dôme dû de soi. » finit le temps tant il est médiocre, même en appétit de nouveauté et de nouvelles formes. Ici, un tel produit n’est pas l’objet d’un couturier. Sa manière de faire, c’est non la couture mais la coupure en déclinaisons et compacités de modèles réduits et « globules ». Le sens est hors sens dans cette conception de la table rase afin que demeure l’exposition ou l’explosion du presque rien. Et le corps idem. Aussi peu désiré que désirable (de lapin). Mais Frezzato ne cherche ni la beauté ni le plein. Son volume reste lourd car un certain dire déborde. Mais ne demeurent que des copeaux de son articulation.

Les comprendre impose toutefois au lecteur un effort en de telles désarticulation. Reste donc juste ce qui subsiste de la langue mais elle résiste loin du purisme dans un tel Le Corbusier de la poésie. Elle est là en éclats de tout ce qui est gommé de l’exact. C’est roboratif à souhait dans une poésie « rot d’être » où du monde ne rproviennent que des esquilles en resquille.

Romain Frezzato, Monde minime, Éditions L’Atelier Contemporain, 2026 163 p. – 25,00 €.

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