Alex’Sandra, Terraqua

Alex’Sandra, Terraqua

A sa manière, Alex’sandra ouvre une interrogation fondamentale : qu’est-ce qu’une rencontre avec la peinture ? Se produit dans la sienne par le bleu (et ses annexes terrestres) un échange marquant, une relation avec la profondeur par un effet de surface. Son art devient abstrait mais aussi et comme une modalité concrète d’un univers étrange et de l’existence là où une telle beauté nous tourmente par sa complexité. La créatrice dévoile des espaces mystérieux aquatiques et célestes en une telle exploration et une rencontre originale – rencontre-attraction, rencontre déterminante, rencontre-choc liés au déplacement du réel.

Un concept central se dégage de l’œuvre : la surprise moteur d’une telle originalité là où les formes et une quasi monochromie créent un dynamisme poétique, antidote contre l’accoutumance des choses et de la nature vues. Leur transfert, le regardeur le prévoit rarement, ne le contrôle pas, mais laisse une empreinte durable et modifie notre rapport au monde.
Sans doute ce travail repose sur une nécessité intérieure : celle de se porter vers l’autre. De cette ouverture naît une infinité de possibles, au premier rang desquels l’amour qui ouvre à la découverte. Alex’Sandra maîtrise l’art de l’espace pictural où son conscient parle et trouve à la peinture son langage. Au regardeur de l’interpréter par cet ancrage dans l’art là où peu à peu le bleu (de l’eau ?) envahit la terre (de la Corse ?).

De ce point de vue, l’expérience de la rencontre désigne la confrontation avec une œuvre qui produit une émotion marquante. Il se peut d’ailleurs que l’artiste, faisant un retour sur elle-même, témoigne de ses premières émotions esthétiques suscitées par l’étonnement à l’origine du lien entre l’art et l’inattendu, entre la création et la surprise ou le trouble. À cet égard, cette œuvre se dégage de l’exploration des effets du temps, des lieux sur notre regard et notre conscience en relation avec le monde d’Alex’Sandra. Celle-ci biffe tout effet d’égotisme ou de complaisance.

Alex’Sandra, Terraqua, 2025, voir le site de l’artiste.


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