Stu Mead, Indomptable

Stu Mead, Indomptable

Dans ce livre, la présentation de Xavier-Gilles Néret devient l’introduction de l’œuvre de Stu Mead superbement « monté » par Annabelle Dupret. L’artiste est né à Waterloo, dans l’Iowa, a vécu et travaillé à Berlin au cours des vingt dernières années. Né avec une arthrogrypose, une maladie congénitale affectant les articulations et les muscles. Il est surtout connu pour ses peintures de jeunes et d’adolescentes explorant leur sexualité. Et le créateur d’expliquer : « Je m’identifie aux filles de mes peintures, et je m’identifie autant aux garçons qu’aux hommes, ainsi qu’aux chevaux, aux vaches et aux chiens » et l’auteur d’ajouter : « Je ne suis qu’un artiste à l’imagination perverse qui essaie de faire de bonnes peintures. »

Celles-ci restent, pour beaucoup de critiques, discutables. Et ce, depuis la création du fanzine Man Bag où l’artiste s’est concentré sur ses dessins et peintures sexuellement explicites sur cette question. Si bien qu’au cours d’une exposition, son tableau « la première communion » a été détruit par un vandale obsédé par la religion. L’exposition fit un scandale national, et désormais Stu Mead est considéré comme pornographe, eu égard à la fausse innocence et l’érotisme agressif de poses sexuellement chargées. Mead laisse ses filles et ses femmes jouer leurs charmes sexuels sans les dinstinguer de la compréhension traditionnellement stéréotypée de ces rôles.

La question de la stature de l’artiste reste toujours posée. Xavier-Gilles Néret le défend en mettant en second la problématique amorale au profit de l’esthétique du créateur. Avec Indomptable, la séance est ouverte. Reste à savoir si Stu Mead se comprit lui-même. Le spectateur pourrait interpréter son travail comme vulgaire, et la société pourrait le menacer de punition pour des crimes contre la la morale de la modernité.
Mais c’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles il a tourné le dos aux formes et aux méthodes modernes. Virtuose sensible, il aurait pu être un maître moderne s’il était capable de travailler au niveau de Gerhard Richter et Peter Howson en Angleterre. Mais Stu Mead a volontiers succombé à l’enfer et à l’exploration des plaisirs.

Stu Mead, Indomptable, éditions Or Bor (Annabelle Dupret), 2025, non paginé – 15,00 €.


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