Jacqueline Fischer, Le cahier débrouillé

Métis­sages

Portant ses ciseaux pour en trem­per les pointes dans la langue, Jac­que­line Fischer, non sans humour, apprend le goût des fils et des tex­tures afin de dra­per les jours de “récits” bigar­rés ins­crits en signes noirs sur blanc. Lilith est bien vivante et révèle son chant en son flot d’obscures bles­sures mais aussi de ravis­se­ment.
Jac­qe­line Fischer retient les infimes mou­ve­ments du quo­ti­dien avec des « der­nières soifs » inquiètes mais tou­jours prêtes à renaître en « dou­ceurs chaudes ».Quand les vio­lettes se fanent, le rose organdi des robes de l’enfance ne dis­pa­raît pas pour autant. Le souffle sou­lève encore sa den­telle et les mots. La Méduse bles­sée reprend voix, déroule une sur­face de réparation.

Face à la mer, comme dans la plaine du Nord le ciel et le coeur res­tent pal­pi­tants. Leurs nuages ébou­rif­fés s’envolent en rire d’hirondelles lorsqu’elles tentent encore de réin­ven­ter le pré­sent. Rien ne sert de cou­rir pour anti­ci­per l’avenir. Les mailles d’encre tis­sées, han­tées d’émotions dia­phanes et poreuses, absorbent les marges de la nuit qui peu à peu les alour­dissent. Entre deux syl­labes la voix chan­tonne sur le passé empiété et en remonte la pente.

lire notre entre­tien avec l’auteure

jean-paul gavard-perret

Jac­que­line Fischer, Le cahier débrouillé, http://textepatch.e-monssite.com/, 2017,  48 p.

Leave a Comment

Filed under Poésie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>