Un léger parfum d’irréalité

Un léger parfum d’irréalité

Les phrases sont des femmes qui se maquillent pour sortir. Ce sont des comédiennes prêtes à faire croire à tout. Dans leurs incessantes vadrouilles, le lecteur garde un œil infaillible. Sa lucidité dit marcher droit même s’il possède un décentrage naturel. Il voit tout de suite des choses à vivre et devine une odeur de fiction ou d’histoires dont le temps change de durée car hésiter rend ordinaire.

Mais les phrases sont souvent de grandes casseroles pleines et leur vocabulaire s’agite pour savoir qui couche avec qui. Parfois, elles bouleversent le réel. L’empathie devient créatrice. La latitude inventive ouvre et hypnotise le droit de dépasser le rideau des mots et de la chambre. Surtout quand un lecteur venu d’une terre lointaine tente de rejoindre l’héroïne et, voire, espérer lui faire des enfants. La question n’est pas encore tranchée. Mais mettons-nous à sa place.

Photo : Robert Mann

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