Steve Berry, L’Héritage du Vatican
Et on retrouve les Médicis…
Ce 9 mai 1512, dans la cathédrale de Sienne, Julien de Médicis comprend que c’est l’ultime occasion. Il conclut avec Jules II le pacte dit Du Serment du Christ.
Cotton Malone est à Dillenburg , en Allemagne. Il est en mission à la demande de Stéphanie Nelle de la division Magellan. Il doit photographier des preuves contre le cardinal Lukas Richter accusé de fraudes par une commission du Vatican. Il s’introduit dans la résidence d’été du prélat et dans le trou du prêtre trouve ce qu’il cherche. Il prend des clichés qu’il envoie immédiatement à Stéphanie. Mais il doit fuir, dans des conditions difficiles, l’arrivée de la police. C’est fichu en matière de discrétion.
Au Vatican, pensant être reçu par le Pape, son ami, Richter est accusé d’implications dans des transactions immobilières suspectes, de détournements de fonds. Il affirme son innocence, dénonçant un complot.
Cotton réussit à rejoindre Cologne où il a rendez-vous pour enregistrer sa déclaration sur ce qu’il a vu. Sa mission est alors finie et il peut rentrer à Copenhague. Mais son contact est assassiné et il se retrouve devoir protéger ce cardinal faussement accusé. Il plonge alors dans une machination terrible ourdie par des individus impitoyables…
Cette aventure de Cotton Malone met à l’honneur les Médicis, une famille extraordinaire. Partis de rien, ses membres se sont hissés durablement au sommet, dominant Florence et toute la Toscane du XIVe au XVIIIe siècle. Le Vatican, sous Jules II, était dans un situation financière catastrophique du fait de son prédécesseur Alexandre VI, mais aussi de son goût pour les guerres, les grands projets architecturaux et son penchant effréné pour les arts. Il est donc loisible de penser que les Médicis, pour revenir à Florence, aient aidé le pape.
Une grande partie du récit se déroule à Sienne pendant la fameux Palio. Il s’agit d’une des courses de chevaux les plus grandioses et les plus étranges du monde. Il raconte des spécificités peu connues comme celles dont bénéficient les Chartreux. Le monastère principal se situe en France, dans les Alpes. Il fait état des nombreux secrets financiers du Vatican, des mystères que la cité-État cache pour ne pas mettre en péril l’édifice construit depuis deux millénaires.
Steve Berry, pour travailler le cadre de ses intrigues et les décors où celles-ci se déroulent, se rend sur place et s’informe aux meilleures sources. Il excelle à combiner rigueur documentaire, grande et petite Histoire avec des éléments de fiction, à commencer par son héros. Un héros qui est toujours aussi fringant, dynamique et érudit.
Un fois encore, il entraîne ses lecteurs dans une traque palpitante, multipliant les arcanes religieux et historiques. Alternant actions du présent et du passé, il propose une intrigue dense, au rythme soutenu.
L’Héritage du Vatican s’inscrit dans la lignée des grands thrillers historiques accaparant l’attention, érudit et riche en rebondissements. Steve Berry marie, avec sa maestria habituelle, suspense contemporain et bases historiques. C’est une fresque où des actes du passé menacent l’équilibre du monde chrétien.
serge perraud
Steve Berry, L’Héritage du Vatican (The Medici Return), traduit de l’anglais (États-Unis) par Nicolas Paul, Le cherche midi, octobre 2025, 544 p. – 23,90 €.