Une assemblée des femmes (Aristophane / O. Borgna, J.-C. Fall & L. Rojol)

Une assemblée des femmes (Aristophane / O. Borgna, J.-C. Fall & L. Rojol)


© Laurent Rojol

Sur des écrans improvisés en fond de scène, sont projetés différents témoignages de femmes palestiniennes sur les rapports entre les sexes dans leur société. Derrière l’image des visages voilés, des silhouettes dansent en s’habillant, retrouvant le début du texte d’Aristophane. Une réunion clandestine est organisée ; ses initiatrices, qui ont dérobé les habits de leurs maris, entrent discrètement en relation, au petit matin, revêtent de fausses barbes. Pour prendre la parole, en Grèce comme souvent aujourd’hui dans le monde arabe, il faut revêtir des attributs masculins. Avant de pénétrer l’assemblée des hommes, elles conviennent de répéter. C’est l’occasion de moquer tant les travers masculins que leurs propres maladresses. 

On assiste, à travers la mise en valeur de quelques paroles d’intention bienveillante, à l’apologie de la sagesse des femmes, maîtresses dans l’art d’apporter leurs soins aux âges les plus vulnérables de la vie. Puis ce sont les hommes, démunis de leurs vêtements, qui se font raconter l’assemblée par l’un de ceux qui y ont participé. Le vote a conduit à confier le pouvoir aux femmes. C’est l’occasion de présenter une utopie égalitariste : dans la communauté, tout est à tous ; c’est le règne du partage des biens et des richesses. 
La version palestinienne de L’assemblée des femmes résume le propos d’Aristophane et le détache de sa dimension satirique pour en faire une fiction politique. Au lieu de s’achever par une fête, comme cela était d’usage, la représentation se termine en rappelant que la situation à Gaza la rendrait inconvenante, avant de prolonger la séance par le documentaire sur l’action d’une association de soutien aux femmes, dont sont extraits les propos utilisés dans la pièce.

Une performance courageuse et intéressante pour faire vivre et résonner la culture de la Palestine dans ce qu’elle a de plus noble. 

Spectacle de Roxane Borgna, Jean-Claude Fall et Laurent Rojol 

Avec Ameena Adileh, Iman Aoun, Mays Assi, Firas Farrah Nidal Jubeh, Amer Khalil, Shaden Saleem et Yasmin Shalaldeh.

Première le 20 novembre 2021 au Théâtre National Palestinien à Jérusalem. 

Tournée en Palestine : Ramallah décembre 2021, Bethléem, Hébron, Jénine, Mars 2022 ; Institut du Monde Arabe septembre 2023, Printemps des comédiens, festival Orizons à Boulazac juin 2024, 

Au Théâtre du soleil les 11,12 et 18,19 octobre 2025, sam. à 15h & 19h30, dim. à 13h30. 
Théâtre du Soleil (grande salle) – Cartoucherie , Route du Champ de manœuvre, 75012 Paris 
www.theatre-du-soleil.fr 

Adaptation Jean-Claude Fall ; mise en scène Roxane Borgna, Jean Claude Fall, Laurent Rojol. 

Durée du spectacle 1h ; film documentaire A Palestinian Women Assembly durée 50 min en arabe, surtitré anglais & français. Durée totale avec entracte 2h15. 

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