Ulla Pedersen dans le cercle – entretien avec l’artiste (français et anglais)

Ulla Pedersen dans le cercle – entretien avec l’artiste (français et anglais)

Lorsqu’Ulla Perdersen interrompt son travail, c’est pour le reprendre avec plus d’énergie. Chaque fois, elle y imprime ses marques et sa présence. L’artiste réarme l’œil, décolle les critères classiques de représentation, offre une alternative au savoir historique standard dans ses compositions. Elles ont l’intelligence de brouiller les prises de parti qui sont de trop évident partis-pris. L’abstraction se renouvelle dans des séries d’« opérations » – au sens premier d’ouvertures.

 Entretien :

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?
Avant mon réveil je suis « béni » par deux merveilleux enfants. Ils demandent toujours ma présence et mon aide la matin. En dehors de cela, le besoin de retrouver mon atelier reprendre les idées et créations de la veille en pensant conserver la même énergie et attention.

Que sont devenus vos rêves d’enfants ?

Je voulais devenir céramiste. Mais être peintre et artiste demeure proche de ces rêves.

A quoi avez-vous renoncé ?

Devenue adulte, je me préparais à  devenir coiffeuse et ouvrir mon propre salon. Le désire de peindre devint impérieux et j’ai renoncé au premier projet pour réaliser ce rêve.

D’où venez-vous ?

De Copenhague.

Quelle est la première image dont vous vous souvenez ?

Mes parents possédaient une peinture abstraite noire et grise dans le salon. Ils l’avaient achetée à un artiste qui vendait ses œuvres en faisant du porte à porte.

Et votre premier livre ?

“Le Petit Prince” d’Antoine De Saint-Exupéry.

Qu’est-ce qui vous distingue des autres artistes ?
Peut-être le fait que j’explore et teste mes motifs à travers divers matériaux, aujourd’hui je peux couper mes formes à l’aide de tissus, bois, etc. Voilà peut-être ce qui me distingue des autres artistes.

Où et comment travailles-vous ?

Je travaille dans mon atelier qui jouxte ma maison. Je suis habituellement poussée par le délai d’une commande ou d’une exposition. Ou parfois simplement pour répondre à une idée que je dois explorer et pousser plus loin. Le plus souvent je travaille pendant des sessions intenses de 10 à 12 heures par jour suivies de périodes où j’ai du mal à retourner dans mon atelier.

Comment définiriez-vous votre abstraction ?

Je suis fascinée par la géométrie et particulièrement le cercle. Je coupe des cercles et je travaille à la fois avec leur plein et leur vide. J’aime travailler avec les contrastes et le manque. Et aussi avec les tensions entre formes et couleurs. J’aime me confronter aux « règles » de l’art.

A qui n’avez-vous jamais osé écrire ?

Pour être honnête, il m’est très difficile d’écrire ou de contacter des galeristes. Il m’est difficile de leur présenter mon travail. Sans doute parce que je me sens tellement proche de ce que je fais : ce qu’ils pourraient dire me fait peur.

Quelles musiques écoutez-vous ?

La plupart des genres sauf peut-être le « death metal ». Cela dépend de mon état d’esprit.

Quel livre aimez-vous relire ?
« Le Hobbit » de J.R.R. Tolkien

Quand vous vous regardez dans un miroir qui voyez-vous ?
Une femme qui est heureuse de ressentir de l’énergie et de la joie inhérente à son besoin de créer.

Quel lieu a valeur de mythe pour vous ?

Angkor au Cambodge. Je l’ai visité une fois et cela est époustouflant.

De quels artistes vous sentez-vous la plus proche ?

D’une certaine manière Ingela et Thomas Skytte, enseignants et directeurs l’Art School Spectrum où j’ai étudié pendant deux ans et où j’ai trouvé ma voie. D’une autre manière l’artiste allemand Franz Licht avec lequel je partage et discute des projets.

Quel film vous fait pleurer ?

Tous les films avec un mixage d’émotions et où l’on peut à la fois rire et éprouver de la peine.

Que voudriez-vous recevoir comme cadeau d’anniversaire ?

Un voyage à New-York.

Quelle question ai-je oublié de vous poser ?

Aimez-vous le café au lait ?

Présentation, entretien et  traduction par jean-paul gavard-perret pour lelitteraire.com, le 15 mai 2017.

ULLA PEDERSEN’S INTERVIEW

What makes you get up on morning? Besides from the alarm-clock I am blessed with two wonderfull children. They still need my presence and assistance in the morning 🙂 Apart from that – it is the need to revisit the studio and see if the creations and ideas I created the day before still has the same energy and quality today.

What happened to your dreams as child? Originally I wanted to be a ceramist – Being an artist and a painter is not to far from the Dream 🙂

What did you give up? As a an adult, I educated myself as a hairdresser, and ended up with my own salon. The desire to paint became to great and I gave that up in order ti pursue my dream.

Where do you come from? Copenhagen, Denmark

What is the first image you remember ? My parentes had a Black and Grey non-figurative painting in the livingroom. They had bought it from an artist who sent from door to door to sell his art.

And the first book ? « The Little Prince » by Antoine De Saint-Exupéry.

What distinguishes you from other artists? I think it could be that I explore and test my motives in many different materials and for instans cut my shapes out of different fabrics, Wood and canvas. Maybe that is the distinction.

Where do you work and how ? I work out of my studio which is connected to my House. I am usually either driven by an open-Call deadline or exhibition deadline, or I am driven by an idea that just HAVE to explore and investigate. I therefor often work in intense periods where I work 10 to 12 hours a Day followed by periods where I hardly enter the studio.

How may you explain your « abstraction” ? I am fascinated by geometry and especially the circle. I cut out circles and work with both the positive and negative image. I like to work with contrasts and the lack of it. I like to work with the tension between the colours and forms. I like to challenge the « rules » of art.

To whom do you never dare write ? To be honest, I find it very difficult to write/contact galleries and their directors. It is difficult to show my art like that. It is because I feel very connected to my art and I worry about what they might say.

What music do you listen to ? I listen to almost all kinds of Music, except maybe death metal.. It depends on my mood.

What is the book you love read again? The Hobbit » by J.R.R. Tolkien

When you look yourself in a mirror who do you see ? A woman who is happy to be able to feel the energy and the joy that derives from being able to pursue the urge to create.

What city or place has value of myth for you ? That must be Ankor Wat in Cambodia. I have only visited it once – but it was breathtaking.

What are the artists you feel closest ? In some ways it must be Ingela and Thomas Skytte. The teachers and directors of the Art School Spectrum where I studied for 2 years and found my way ahead. In other ways it is the artist german Franz Licht – Whom I share and discuss ideas and projects.

What film make you cry ? All film with an emotional twist… It can be both from laughter and sorrow.

What would you like to receive for your birthday? A Travel to New York .

What question I missed ? Do you want a coffee Latte?

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