Tom Buron, Les cinquantièmes hurlants

Tom Buron, Les cinquantièmes hurlants

« Au-dessous de 40° sud il n’y a plus loi. Au-dessous de 50° sud il n’y a plus Dieu. » annonce Tom Buron. Et « Les cinquantièmes hurlants » deviennent le chant démentiel d’un navigateur embarqué pour un périlleux voyage en mer à l’approche des limites. Un tel roi errant est nu. Son énigme a jailli mais il vient avec sa barbe de lumière. Un signe et nous sommes morts.

Nous perdons notre langue en ses plis étrangers. Mais Buron nous conduit à lui en divers lieux dans son humidité pour nous gorger de son puits. L’homme dressé se courbe parfois dans son marais ; mais à le recherche de l’Un il soulève le ciel et la terre tel l’Ange qui magnifie tout dépôt de matière.
Sa signature de l’ouvert est unique viatique. L’élan accompagne dans cette oscillation entre le réel et le fantasmatique, la maîtrise et la déraison qui hantent la voix unique du poète là où le « Dis, quand reviendras-tu ? », donc la possibilité du retour, n’existe pas.

Existe là l’éloge de l’aventure et du risque, une expédition géographique et métaphysique à travers les flots et la mémoire portée par un vers au rythme fluide et puissant, et une musique des mots envoûtante et féroce. Un tel livre incise notre attente. Son soir descend devant la vitre du monde dans la répétition entre rêve et voyage. Ce n’est qu’au bout que la poésie parle. Elle éclaire ce qui échappe.

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Tom Buron, Les cinquantièmes hurlants, Gallimard, collection Blanche, 2025 – 17,00 €.

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