Gregg Hurwitz, L’Homme de Nulle Part

Gregg Hurwitz, L’Homme de Nulle Part

Ce roman fait suite à Orphelin X (Éditions H&O – 2022) où apparaissait Evan Smoak. À douze ans, il est intégré dans un projet très obscur dénommé Programme Orphelin au sein du ministère de la Défense des États-Unis. Après une formation musclée, il va accomplir nombre de missions plus ou moins sanglantes et gagne le surnom de l’Homme de Nulle Part, étant rarement détecté, jamais capturé.
Il a voulu raccrocher, continuer à titre bénévole à venir en aide à celles qui sont menacées. Il pensait que le projet avait été abandonné. Or, il n’en n’est rien et celui qui en a pris la tête n’a qu’un objectif, supprimer, parce qu’ils ont des informations gênantes pour le pouvoir, tous les ex-orphelins. Et Evan va avoir une meute aux trousses.

Pourtant, il continue à protéger les plus faibles. Ainsi, il délivre une jeune fille victime d’un prédateur et s’engage sur une autre affaire du même genre quand il est enlevé. Lorsqu’il reprend ses esprits, il est la proie d’un étrange individu qui se présente comme René et qui paraît avoir à ses ordres une belle organisation. Il semble en vouloir aux comptes en banque d’Evan. Mais est-ce la véritable motivation et les raisons de cet enlèvement ? Que veut réellement cet homme à un ex-Orphelin aussi dangereux ?
Evan va tout faire pour s’enfuir mais ses diverses tentatives d’évasion échouent. Cependant, malgré les échecs, celles-ci apportent des révélations jusqu’à un ultime rebondissement spectaculaire, amené de façon étonnante.

Le romancier installe un huis clos qui devient vite claustrophobique dans lequel Evan et ce mystérieux René se livrent à un jeu bien dangereux du chat et de la souris. Et le héros va devoir faire montre de toutes ses capacités de combattant pour échapper à un piège qui semble imparable.
Si on peut lire ce tome deux sans avoir abordé le premier, il faut savoir que l’on entre dans un thriller où la tension, palpable dès les prémices, parvient à un niveau assez exceptionnel. Entre un héros qui n’hésite pas à employer la violence pour lutter contre la bestialité et un méchant particulièrement gratiné dont on ne mesure les motivations que très tard, le match est tendu.

Mais la lutte des deux hommes n’empêche pas le romancier d’aborder des sujets bien d’actualité. Ainsi, il dénonce ces prédateurs qui asservissent des jeunes femmes, la recherche médicale dévoyée pour ces affreux qui rêvent d’éternité, les transferts occultes et délictueux qui, grâce à ces paradis fiscaux, échappent à tout contrôle et alimentent le crime, les conditions de vie dans des centres d’accueil…
Ce roman, le second d’une série qui, pour l’heure, en compte dix, est remarquable pour la personnalité attachante du héros, pour sa confrontation aux pires exactions et pour une intrigue retorse à souhait.

Gregg Hurwitz, L’Homme de Nulle Part (The Nowhere Man), traduit de l’anglais (États-Unis) par Manon Chevrier, Éditions H&O, coll. Thriller, février 2025, 416 p. – 22,90 €.

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