Philippe Lorrain-Vesque, Sur le sable des dunes
« Le sens ignoré »
Les titres des recueils de Philippe Lorrain-Vesque, L’or des soirs, L’ombre l’eau qui s’écoule et Sur le sable des dunes disent à eux seuls combien la poétique de la nature (souvent celle de son enfance tourangelle) tient une place de choix dans son écriture.
Dans Sur le sable des dunes, Le monde des eaux, des ramures, des saisons, des bêtes est lieu de cette matière littéraire. Les illustrations de Sarah Stefanelli qui accompagnent les textes des trois recueils témoignent de cette omniprésence de l’arbre, du buisson, des sous-bois, du feuillage, du ciel…. On sait combien l’histoire de la poésie est celle d’un compagnonnage avec les arts visuels de la gravure, de la peinture etc.
L’auteur trace également sa voie à travers une variété de formes : poèmes en strophes plus ou moins longs en vers libres, ou au contraire en adoptant des « courts » en distique, tercet, quatrain qui font songer au haïku japonais. La ponctuation jamais n’intervient. Le vers fait seulement une pause lorsqu’un slash typographique sert à rythmer le langage visuellement :
Ils ont beau faire/ les amandiers en fleurs (in « Soleil blanc »)
Le paysage et les éléments constituent l’arrière-plan de la vie des hommes et de celui qui dit je. La guerre, la mort rôdent. Les frères en poésie convoqués sont aussi bien Desnos, Tzara, que Hugo.
Le recueil ou collection comme le disent les Anglais se construit, au fil des années, entre 2009 et 2021, telle une quête se jouant du temps et les mots peu à peu font retentir un « sens ignoré » que la langue commune a, dans son usage fonctionnel, effacé.
marie du crest
Philippe Lorrain-Vesque, Sur le sable des dunes, éditions Azoé 2022, 2024, 110 p. – 15,00€.