Silvia Majerska, Blancs-seings

Silvia Majerska, Blancs-seings

Grâce à la poésie de Silvia Majerska, nous entrons dans l’imaginaire où tout est permis. A nous de combler de tels « blancs-seings » car eux-mêmes échappent aux leurs. Là où sa végétation n’est plus une pauvresse : elle s’anime – pied dehors en quelque sorte – et pénètre la vie intérieur de l’auteur.
En conséquence, sa poésie est une gloire : le végétal n’est plus fixé et bien plus qu’animal volatilisé. Un règne est donc transvasé et transmué en une autre fonction de ses qualités internes.

Les douze poèmes en prose et plus ou moins longs se consacrent à une plante dont le nom en latin constitue chaque titre. S’y love une « botanique intérieure », écrit la poète. Son imaginaire transforme l’observation et la description.
Par exemple, la rose (la « rosa » de la première des leçons de latin, transformée en sa langue morte, permet à la Castanea, Taraxacum ou Chamaemelum de glisser en Châtaigne, Trèfle, Pissenlit , Camomille qui sortent de leurs gousses où pétales et feuilles sont transformés en humain via parfois la génétique (quand la rose devient bleue). La poète les ressuscite au-delà des courbes et couleurs en une métamorphose qui s’éloigne de la tradition des poètes « fleuristes » pour qu’ils deviennent humains plus qu’humains.

jean-paul gavard-perret

Silvia Majerska, Blancs-seings, , Gallimard, coll. Blanche, 2024, 72 p. – 12,90 €.

Laisser un commentaire