Emmanuelle Le Cam et les présences : entretien avec l’auteure (La définitive ouverture des veines)

Emmanuelle Le Cam et les présences : entretien avec l’auteure (La définitive ouverture des veines)

Emmanuelle Le Cam a grandi à Quiberon avant d’aller à Vannes pour le collège et au lycée. Elle a étudie ensuite l’anglais à L’université de Bretagne Sud à Lorient. Elle écrit depuis l’enfance, et très vite ses poèmes ont commencé à paraître dans des revues spécialisées avant que soit publié son premier recueil (L’Écho), aux éditions La Rivière échappée. Elle a fondé en 1998 sa propre maison d’édition Citadel Road Éditions dans le but de publier et faire connaître des auteurs qui la touchent (entre autres Alain Jégou).
Au Festival de la Parole Poétique Sémaphore en 2019, elle a reçu le Prix Xavier Grall pour l’ensemble de son œuvre poétique. Bretonne de terre tellurique, elle évoque souvent l’océan qu’elle côtoie depuis l’enfance. La douleur, les blessures restent une place centrale dans sa création. Mais aussi, ses chats – une grande source d’inspiration – l’aident. Cf. dans , et entre autres, Requiem for Heather Jane et La beauté de Siam. « La femme qui écrit », comme elle se définit, agit avec son histoire, sa chair, ses connaissances littéraires, philosophiques, artistiques, spirituelles en restant toujours dans l’émotion. Celle-ci trouve les mots pour se dire, des mots de magicienne. Ils sont à l’origine d’une écriture de mémoire et de futur dans un présent qu’elle creuse.

Existe chez une telle créatrice, des fantômes, des ruines auxquels ses livres redonnent vie. Son écriture qui nous fascine et foudroie là où, au-delà de la cage dorée ou infernale du temps passé, sa langue produit plus que ce qu’elle reçoit. Et ce, dans une vision cosmique. Cela n’empêche pas la présence des spectres comme chez Ingmar Bergmann.

De l’auteure : La définitive ouverture des veines (Editions sans escale, 2025)

Qu’est-ce qui vous fait vous lever le matin ?
L’envie de lire.

Que sont devenus vos rêves d’enfant ?
Ils sont intacts.

A quoi avez-vous renoncé ?
A rien du tout.

D’où venez-vous ?
De Quiberon, de la lande.

Qu’avez-vous reçu « en héritage » ?
La droiture.

Un petit plaisir – quotidien ou non – ?
Du thé, encore et toujours.

Comment définissez-vous votre vision de la poésie ?
J’aime la poésie inventive et sobrement lyrique.

Quelle est la première image qui vous interpella ?

Les vagues sur la plage.

Et votre première lecture ?
Un livre de la « bibliothèque rose ».

Quelles musiques écoutez-vous ?
Du baroque.

Quel est le livre que vous aimez relire ?
« Les Hauts de Hurlevent ». En anglais.

Quel film vous fait pleurer ?
Aucun film ne me fait pleurer.

Quel(le) ville ou lieu a pour vous valeur de mythe ?
La citadelle de Port-Louis dans le Morbihan. Elle abrite le Musée de la Compagnie des Indes.

Quels sont les artistes et les écrivains dont vous vous sentez proche ?
Les peintres : Kandinsky et Klee pour les morts, Frédérique Fourquet pour les vivants. En ce qui concerne les écrivains, il y en a beaucoup. Je peux citer entre autres Virginia Woolf, Lidia Jorge, Aharon Appelfeld, Peter Nadas, Cynthia Osick …les poètes Emily Dickinson, Paul Celan et Marina Tsvetaeva …

Qu’aimeriez-vous avoir pour votre anniversaire ?
Des livres par centaines.

Que vous inspire la phrase de Lacan : « L’amour, c’est donner quelque chose que l’on n’a pas à quelqu’un qui n’en veut pas. » ?
Je crois à la force de l’amour réciproque.

Que pensez-vous de celle de Woody Allen : « La réponse est oui, mais quelle était la question ? »
C’est spirituel.

Quelle question ai-je oublié de vous poser ?
Que placez-vous au-dessus au-dessus de la littérature ? Les chats. Mes chats.

Présentation et entretien réalisés par jean-paul gavard-perret, pour lelitteraire.com, le 22 mai 2025.

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