Sexes très opposés

Sexes très opposés

Quatre histoires de couples – rencontre, vie commune, rupture – où l’harmonie n’est pas maîtresse…

Les histoires

car le film est en fait une somme d’histoires distinctes, liées ensemble par une sorte de toile de fond qu’un pré-générique commence de tendre sans en dévoiler toutefois l’exacte nature – mais l’on devine qu’il va être question de couples et de thérapie de groupe…

Brigitte (Charlotte de Turckheim) est une dragueuse rentre-dedans. Quadra ? quinqua ? Nul ne le sait. Grande consommatrice d’hommes-kleenex, elle jette son dévolu sur un petit jeunot désabusé à l’occasion d’un vernissage… et le rend accro à sa sollicitude excessive – qui n’est rien d’autre que de la possessivité. Mais c’est elle qui plaque…
Rémi ne supporte plus les fuites occasionnées par sa voisine du dessus, Gabrielle, qui prend tous les jours des bains à heure fixe. Une remontée de bretelles tuée dans l’œuf qui aboutit à une relation où l’amour semble bien à sens unique, et qui finit sur un faux-fuyant après avoir reposé sur des non-dits.
Cyril cherche un appartement. Il tombe raide amoureux de l’aguichante hôtesse de l’agence immobilière, Annick, et croit le coup de foudre réciproque – sans se douter que la petite inflammation cutanée qui orne l’une de ses pommettes dégoûte au plus haut point sa belle interlocutrice. Ça finira tout de même au lit puis en vie à deux, mais pas pour longtemps.
Quant à Fernand, 51 ans, il enseigne les lettres dans un lycée. Intello ? Oui-da, mais néanmoins sensible au(x) charme(s) de Vanessa, une esthéticienne dont la conversation n’est guère centrée sur les livres. Cette apparente disparité ne les empêchera pas de former un couple suffisamment solide pour sombrer dans la routine popotte… jusqu’à ce qu’une de ses élèves, Hélène, vienne déclarer sa flamme à Fernand.

Quatre histoires donc, qui toutes vont fonctionner selon un même schéma – rencontre, vie commune, rupture – et dont les phases successives vont alterner à l’écran selon une logique assez lâche. D’autant que se mêlent deux modes narratifs distincts : les scènes d’interviews où les protagonistes répondent en voix in à des questions posées par un intervenant hors champ, et les séquences retraçant directement les anecdotes narrées par les personnages. Empruntant à la fois au film à sketches et au long métrage classique, la construction, hybride, aurait pu sans nul doute être plus rigoureuse sans sacrifier pour autant à son originalité. L’on regrettera aussi que le principe de la mise en abîme, révélé à la fin lorsque l’on comprend que l’assise du film est une séance de psychothérapie de groupe filmée pour la télévision, soit aussi mal exploité. Le montage est assez maladroit, paraît brouillon et confus par moments, comme si le réalisateur n’avait pas réussi à aller au bout de ses intentions – comme si le but avait été manqué. On note çà et là des plans brefs dont on se demande à quoi ils servent, la pertinence de certaines scènes est loin de sauter aux yeux… Dans le dossier de presse, le réalisateur lui-même concède avoir fait son film « un peu à l’arrache », et ça se sent ! Mais à sa décharge, signalons qu’il a dû endurer des conditions de travail particulièrement difficiles – de nature sans doute à expliquer cette sensation d’inabouti et de mal fagoté que l’on éprouve tout au long du film.

Énième variation sur l’inépuisable thème des relations hommes-femmes – cette fois circonscrites au contexte des ces couples à problèmes que sont ceux formés par des papillonneurs permanents – ce film est bien éloigné de la comédie de mœurs alerte et bien observée décrite par un chroniqueur de Télé Star… Oh bien sûr ce n’est ni une tragédie ni un mélodrame, on sourit – et, parfois, l’on rit. Mais l’ensemble est plutôt terne, plat de rythme et de construction, et bien peu enlevé en matière de dialogues, débités généralement sur un ton « passe-moi le sel » façon déjeuner dominical en famille. Çà et là quelques belles répliques tout de même, dont on remarque davantage la saveur au milieu de toute cette platitude. Et, maîtresse femme à l’assurance imposante, c’est probablement Charlotte de Turckheim qui tire le mieux son épingle de ce jeu un peu fadasse…

Côté bonus

Le menu général offre une interface animée des plus agréables : les trois propositions – chapitres, film et bonus – glissent le long des tiges croisées de deux fleurs (déjà aperçues sur la jaquette), avant de s’immobiliser selon une jolie courbure. Quant au menu des bonus, il est tout aussi avenant – avec un symbole masculin bleu, ou rose en version féminine s’affichant avant que l’on sélectionne l’option choisie : filmographies, bande annonce, court métrage À cause d’Olivia, et making of. Les filmographies sont complètes et bien présentées. Visionner le court métrage est très instructif : tout le film y est en germe, tant dans sa forme – structure narrative, façon de filmer en alternance scènes narratives et discours des protagonistes, dialogues à la tonalité assez plate – que dans sa thématique. Quant au making of, il est très décevant, d’abord par sa brièveté, et surtout par une qualité sonore déplorable – dont on se demande dans quelle mesure elle n’est pas voulue (la question est alors de savoir quel était le but poursuivi…) puisqu’elle est limitée aux interventions des comédiens expliquant le personnage qu’ils interprètent… Mais le réalisateur nous apprend dans le dossier de presse – encore lui – que, « grand amateur des making of des autres », il déteste se voir en action et qu’il a donc posé énormément de problèmes à la personne chargée de réaliser ce « bonus obligatoire »…

 

L’on a en fin de compte une édition DVD attrayante pour un film qui, sans doute, n’en méritait pas tant…

 isabelle roche

Sexes très opposés

Réalisateur : Éric Assous / Avec : Charlotte de Turckheim, Patick Chesnais, Élisa Tovati, Antoine Dulery, Véronique Boulanger, Jean-Noël Broute, Roxane Mesquida, Thierry Ashanti, Arnaud Simon, Stéphanie Lagarde. / Musique : Jean-Claude Petit / Durée : 82 min. environ / Seven7, 5 mai 2004, snap case – 14,30 €. / Format image : Cinémascope – 1.85:1. Full Screen (Standard) – 1.33:1 / Zone 2 – Langues et formats sonores : Français (Dolby Digital 5.1), Français (Dolby Digital 2.0 Stereo). Sous-titres : Anglais

Bonus :
– Le court-métrage À cause d’Olivia (8 min) –
– Le Making Of (7 min) –
– La filmographie du réalisateur et des acteurs
– La bande-annonce du film.

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