Richard Stark, Le Septième

Richard Stark, Le Septième

Malfrats et policiers se poursuivent pour retrouver un magot dérobé par un troisième larron…

Le Septième

(The Seventh – 1965 – traduction de S. Hilling) est le second ouvrage de Richard Stark, pseudonyme de Donald Westlake dans les années 60, mettant en scène le malfrat Parker. Le premier est paru en 1966 à la Série noire sous le titre Rien dans le coffre (S.N. n°1025). Après des premières péripéties ne s’étant pas vraiment bien déroulées, Parker réapparaît le visage modifié par la, maintenant très usuelle, chirurgie esthétique. Dans le passé, Parker n’était accessible que par l’entremise de Joe Sheer, un autre malfrat, chargé de sa couverture. Comble de malchance pour Parker, il a cassé sa pipe de mort naturelle (fait assez rare dans le milieu pour le souligner).

Parker se retrouve donc, dans la nature, esseulé. Il reprend contact avec les anciennes relations de travail de confiance que sont Dan Kifka, Abe Clinger, Ray Shelly, Pete Rudd, Arnie Feccio et Petit Bob Negli. Ensemble, ils organisent le hold-up, en douceur, d’un stade de rugby lors d’un match de charité. La recette avoisine les 134.000 $. Les comparses se cachent ensuite dans la ville pour attendre que les remous se tassent un peu. Parker se retrouve ainsi dans l’appartement d’Ellie, sa bimbo du moment, avec le magot caché dans deux valises et dans une armoire.

L’histoire se complique après deux jours passés à faire l’amour. Parker s’absente dix minutes pour aller chercher des cigarettes. Quand il revient, Ellie est morte et les valises envolées. Deux flics se présentent alors dans l’appartement. Une course-poursuite s’engage pour découvrir qui est le meurtrier et surtout pour récupérer le flouze. Un des gars qui a fait le coup et qui a voulu doubler tout le monde ou un petit ami éconduit de la sulfureuse – quand elle est au pieu – Ellie ? C’est toute la question.

Richard Stark – Donald Westlake – aime ces situations où une bande de malfaiteurs organise une opération infaillible et où un grain de sable vient perturber le merveilleux engrenage. On l’a vu dans Aztèques dansants (Rivages noir n° 266) et Un château en esbroufe. Ces deux ouvrages, antérieurs à celui-ci, sont par contre plus empreints de l’humour que Westlake a su développer. Dans Le Septième, le noir est surtout à l’épreuve. Le sang gicle de partout et si les personnages sont moches et hargneux, ils ne sombrent quand même pas dans une violence gratuite à la Reservoir dogs de Quentin Tarantino même si, indubitablement, on ne peut s’empêcher de penser à ce film à la lecture de ce roman.

Comme toujours chez Westlake, le récit est très cinématographique. Il met en pratique la devise qu’il prône depuis toujours, à savoir que pour être un romancier riche et célèbre et ainsi vivre de son talent d’écrivain, il n’y a pas trente-six solutions, il faut faire des livres adaptables au cinéma. Et force est de constater qu’il a plutôt bien réussi dans le domaine. Westlake est un des auteurs américains dont les romans ont, le plus souvent, été portés à l’écran.

C’est aussi un ponte du polar et sa boulimie d’écriture alimentaire est maintenant passée. Il n’a plus besoin de pseudonyme pour cacher sa surproduction. Les parutions de Westlake sont dorénavant très espacées et on attend avec impatience la prochaine. Il y a une raison. Son talent. L’écriture est facile mais géniale. Les idées originales et bien souvent loufoques. Les personnages, forts. L’univers très visuel. Bref, Westlake a fait de ses romans une vaste entreprise réussie. Et c’est toujours un plaisir que de relire ses premiers.

julien védrenne

   
 

Richard Stark, Le Septième (traduction de l’américain de S. Hilling), Rivages « noir », 2004, 249 p. – 8,40 €.

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