Rhin beau
Eaux fortes
Nous n’avons rien compris des fleuves. Ils montent, descendent à leur estime, charrient aussi leurs ustensiles comme nous lorsque nous tombons du lit. Sommes-nous aussi fidèles qu’eux ? Appelons-les Orénoque. A cause du nom, nous serons leurs descendants par notre coulée le long de leurs berges.
Face à eux ou à côté, nous devenons peintres paysagistes, cyclistes où noyés. Parfois, les cours d’eau s’égarent quoique endormeurs comme la Meuse. Mais gardons leur mémoire en ayant pied jusqu’à notre ceinture comme Hölderlin le Neckar en son maquis et Tara Buste la belle marquise à Saint Benoit du Sault.
jean-paul gavard-perret
Photo : Kokei Yoshigushi