Pomme des dents
Je ne bougerai plus. Même dans mon miroir dont je ne cesse de m’éloigner. Vers quelque chose comme un éclat de mer ou de verre où brûle le soleil. Je le vois les yeux fermés. Je reste dans le silence. Je ne suis pas là. Une femme aimante parfois me tend la main mais je ne retrouve pas la mienne. Je me dis que j’aurais bien aimé vivre avec elle. J’aurais peut-être été ému.
Mais je demeure sans bouger comme un petit garçon assis tout seul dans l’amitié de ses genoux. Je reste devant la télé et j’entends que tout bouge sans bouger. Des images doivent scintiller comme des feuilles dans la lumière. Celle dont je vous parle voudrait que j’aie gardé mes yeux mais elle regarde à ma place. Et le silence se fait.
jean-paul gavard-perret
Photo : Sylvie Aflalo-Haberberg