Georges Perec & Eugen Helmlé, La Machine, suivi de La Machine mise à jour
Les croustillants
Die Maschine est une collaboration entre Georges Perec et Eugen Helmlé, son traducteur allemand. La radio de la Sarre souhaitait un texte en dialogue et en prose. En conséquence et pour eux, pas de pièce de théâtre ni de pathos et la rhétorique vide qui sont habituelles mais « juste » faire de la langue (avec et dedans) qui doit devenir l’actrice principale de la pièce.
Ce texte fut enregistré en 1968 en présence des deux auteurs. Sa drôlerie (et son succès) fut rediffusée par toutes les radios allemandes. Une hybridation, au fil de la contrainte, entre deux univers : parfois en écho se crée une abstraction non lyrique et si singulière. Ce texte imprimé est publié une première fois en 1972 puis en 2001 avant un long silence.
Il est publié en France pour la première fois. Pérec y affirmait : « J’espère que vous admirerez que j’ai pu écrire cette pièce sans parler un mot d’allemand ! ». De l’immense machinerie comprenne qui peut dans cette histoire de fils mêlés. Et le livre ne ressemble à rien d’autre qu’à lui-même par sa matière et sa fabrique.
La Machine décortique sous nos yeux un poème de Goethe. Et la quête passe de l’auditif au mis en page, ayant été imprimée en plusieurs couleurs. Les éditeurs ont adapté la version allemande originale et la traduction de Pérec mais aussi sa mise à jour, relançant près de soixante ans après l’idée de Perec à partir de la Chanson d’automne de Verlaine prise comme « poème à décortiquer ».
jean-paul gavard-perret
Georges Perec & Eugen Helmlé, La Machine suivi de La Machine mise à jour de Valentin Decoppet et Camille Bloomfield, Le nouvel Attila, 2025, 176 p. – 21,90 €.