Pense homme
Ah les poncifs ! Et qui de mieux pour ce type de pensum maudit : « tout départ est arrachement, exil, éclipse ». Ajoutons au possible un poil poétique : « La lune se cache, puisque tu t’en vas ». Regardant la regardée en fuite – plus tatouée qu’incise du chagrin des rides –, le poète met du khôl dans ses mots tandis que la nuit le boit à moins que la femme l’enivre.
Mais la solitude s’accroît dès que l’ombre s’augmente. Caressons avec lui le nom d’une telle égérie, premier alphabet ou chatte errante. Dans un rêve, elle devient aussi un ange aux ailes usées et douces comme des pétales un peu fanés ou les pages préférées d’un livre de recettes. Elle nous mène au bord de la félicité. Preuve que la nuit s’auréole de lumière.
jean-paul gavard-perret
Photo : Léa Barrier