Panse bête
(paradoxe de Pinocchio) (1)
Je ne m’occupe qu’à des choses fausses et les fantasmagories en poursuivant à mon rythme les idées. Mais non les miennes – sinon deux ou trois choses. Avec elles, je n’y arrive pas. C’est mieux avec celles d’autres : leur histoires sont des épopées.
Je prends leurs exemples et vous comprendrez mieux qui j’étais, je suis et deviens. Leur passé m’électrise au courant alternatif. Mais je reste capable de recoller leurs discours. Surgit du présent avec leurs pensées – à force d’isolement programmé tant que je le peux.
(1)« Si je dis : « je mens », mon nez s’allonge-t-il ? »
jean-paul gavard-perret
Photo William Claxton