Oscar Martin & Leonel Castellani, La Bête du Nord – La Cité des mensonges
Un héros bien conforme à l’original ?
Conan, un des héros de Robert E. Howard, qui a fait les beaux jours d’une époque avec ses combats, continue de faire régulièrement l’objet de récits, de scénarii. Pour l’heure, il revient sous la plume d’Oscar Martin, dans une histoire totalement inédite. En effet, le scénariste, nourri depuis l’adolescence par les exploits de ce personnage, a choisi de s’inspirer de ce qu’il a lu pour construire son propre récit.
Après avoir occis trois bandits qui en avaient après sa bourse, pourtant bien plate, Conan prend les leurs et fonce vers la ville la plus proche. Il se régale d’avance de ce qu’il va pouvoir s’offrir comme plaisirs, boissons, viandes… Il entre dans une taverne et bouscule, sans le vouloir, un buveur qui le défie. Il lutte alors contre une meute, combat dont il sort vainqueur. Allant ailleurs, il se sent suivi. L’homme ne lui veut pas de mal mais, l’ayant vu combattre, comprend qu’il est l’homme qu’il faut à Gyula, le patriarche des voleurs. Celui-ci est confronté à un clan émergent mené par Zingaro. Ce dernier a kidnappé Jahivé, sa fille. Gyula, contre une importante récompense lui demande d’aller la délivrer. Or…
Retrouvant les formules de Robert E. Howard, Oscar Martin met en scène un combattant hors pair qui se retrouve sans cesse à défendre sa vie ou à supprimer celle d’autres pour atteindre son but. Et on perd vite le décompte d’individus, de créatures monstrueuses, que le Cimmérien occit.
Le rôle de la femme qui, dans l’œuvre originale est toujours une victime mourant de chaud, évolue d’une belle manière. Le scénariste offre un beau personnage féminin à l’opposé de celles que fréquentait le guerrier. Certes, certaines ont encore ce rôle, mais pas que…
Par contre, ce Conan se montre beaucoup plus intéressé par les richesses matérielles que l’original.
Le graphisme de Leonel Castellani est spectaculaire en diable. Il installe des personnages solides, à la musculature bien mise en valeur mais aux visages réalistes et très expressifs. La mise en scène de la multitude de combats est dynamique à souhait et montre une réalité avec les jets de sang, les armes qui coupent, transpercent les corps. Il offre quelques doubles pages saisissantes, exprimant une belle puissance. Les décors, divers et variés, sont travaillés et composées de manière adroite.
Les auteurs précisent qu’ils ne sont en aucune manière affiliés aux structures qui gèrent les marques déposées liées au personnage de Conan, qu’ils ont fondé leur histoire à partir des œuvres tombées dans le domaine public.
Un album qui reprend toutes les composantes qui ont fait le succès du héros, mis en scène et en images par deux créateurs talentueux.
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serge perraud
Oscar Martin (scénario) & Leonel Castellani (dessin et couleurs), La Bête du Nord – La Cité des mensonges, Delcourt, coll. Hors Collection, janvier 2026, 72 p. – 16,50 €.