Nizar Sassi, Prisonnier 325, CAMP DELTA, De Vénissieux à Guantanamo

Nizar Sassi, Prisonnier 325, CAMP DELTA, De Vénissieux à Guantanamo

Nizar Sassi est-il idiot ou nous prend-il pour des idiots ?

Guantanamo : le mot de tous les frissons, de toutes les horreurs. Voilà lâché le gros mot. Disons-le tout net : l’inacceptable Guantanamo ne doit pas faire oublier que dans l’ombre, protégés par nos démocraties, des fous d’Allah projettent de lutter contre le Mal de l’Occident par le Mal de la mort donnée aveuglément.

Nizar Sassi, l’auteur de Prisonnier 325, CAMP DELTA, est un naïf chanceux. Voilà un jeune homme -qu’importent son origine, sa religion ou son appartenance sociale – âgé de 20 ans en l’an 2001. Ni bon gars ni méchant. Juste un glandeur qui regrette de ne pas avoir profité de l’école. Il se laisse aller au plaisir éphémère de ne rien faire. Un seul rêve le mobilise : les armes ! Toutes les armes. Alors, à la mosquée, lorsqu’un gentil garçon lui propose d’aller tirer quelques balles… en Afghanistan, il plonge ! C’est bien connu, les armes ne servent qu’à tirer sur des pierres… Un pays où les armes sont en libre circulation, c’est forcément un pays où il y a beaucoup de pierres !!

Pour se rendre en Afghanistan, avec le propre frère de ce qu’il faut bien nommer un recruteur islamiste, Nizar Sassi doit voyager avec un faux passeport et un faux nom, payer ses trajets en liquide, rencontrer d’étranges personnages qui disparaissent comme ils apparaissent. Qu’importe ! Seule l’envie de tirer quelques balles dans les pierres prime ! Que le « trip » ne puisse se réaliser qu’en Afghanistan n’éveille pas, non plus, les soupçons de ce jeune homme avide de vider quelques cartouchières. L’Afghanistan ? Visiblement ce jeune homme ne connaît pas ! Il n’en a jamais entendu parler. Et surtout, lorsqu’on lui propose d’y aller pour tirer quelques balles, il ne se renseigne pas plus avant et accepte de garder le secret absolu, même à l’égard de ses très proches, sur sa destination. Et rien n’éveille ses soupçons…
Il arrive en Afghanistan au bout d’un terrible périple. L’état du pays ne suscite en lui aucune question. Il est parqué dans un camp d’entraînement et il ne se demande même pas pourquoi d’autres que lui s’entraînent au maniement des armes.

Il est fait prisonnier par les Américains, et jure ses grands dieux qu’il n’est en Afghanistan que pour le plaisir de tirer quelques balles… ! Alors je me pose une question simple : Nizar Sassi est-il idiot ou nous prend-il pour des idiots ?
Bien entendu ce qu’il raconte ensuite sur Guantanamo est tout à fat horrible et nous savons que les Américains dépassent toutes les limites et infligent aux hommes qu’ils détiennent les pires des traitements. Mais le lecteur a tellement le sentiment d’être pris pour un sot qu’à aucun moment il n’a envie de plaindre ce pauvre jeune homme…
La quatrième de couverture indique qu’il attend d’être définitivement blanchi par la justice française. Avoir été idiot et naïf n’est pas un crime. Avoir pris les lecteurs pour des crétins patentés non plus. Hélas…

a. nourel

   
 

Nizar Sassi, Prisonnier 325, CAMP DELTA, De Vénissieux à Guantanamo, Denoël coll. « Impacts », mars 2006, 214 p. – 17,00 €.

 
     
 

One thought on “Nizar Sassi, Prisonnier 325, CAMP DELTA, De Vénissieux à Guantanamo

  1. Je comprends tout à fait ton point de vue, il est vrai que son histoire semble incompréhensive et irréelle, mais je peux t’assurer que ayant eu la chance de connaître Nizar à l’époque même ou tout cela lui est arrivé, il est tout sauf ceux pourquoi on l’accuse, il était jeune, il courait après les filles, on se marrait bien, il était comme tous les autres gars de notre age ! Il s’est juste laisser engrainer, naivement, car il l’était  » naïf », une mauvaise fréquentation ( j’en ai une l’impacte quand un jour il a débarqué à un de nos rdv avec un homme sortit de nul part pour me faire la morale sur ma tenue et mon implication dans la religion ), de belles paroles, Nizar était très gentil voir trop… j’ai beaucoup apprécié chaque moment en sa compagnie, on se marrait bien. La dernière fois que je l’au vu c’était après notre rdv avec ce « copain » qui me jugait sur mon implication dans l’Islam.
    Bref, tout ça pour faire savoir que Nizar est quelqu’un de bien, il était loin de tout ça, terrorisme et compagnie, il voulait juste s’éclater, et il faisait une confiance absolue à des personnes qu’il croyait être des amis….

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