Mire Adore
(Qui voir ?)
Dans cette obscurité, ce brouillard, ces ténèbres, ou encore cette ignorance je te cherche. Tu dépasses tout savoir et tout concept ! C’est en deçà que ton corps ne se trouve que voilé. Mais cette obscurité révèle ta face au-dessus de tous ces voiles. Jaillissent ta mémoire, tes bris d’images rescapées, tes boutures de présence provignées par l’absence.
Mais ton double est là, à l’arrêt devant toi mais je ne vois rien. Tu caches quelqu’un que jamais tu ne perces : un autrui à qui nous devons la vie. Tout le monde sait ça mais, tel Achille aux pieds légers, tu ne rejoindras pas la pauvre bête – pas si bête que ça : car elle se cache en toi, sa maison, sa carapace portative.
Alors, obéis à ta liberté, passe outre, pars à la recherche d’un extime. Vois enfin comment je voudrais m’élargir hors de ta maîtrise. Mais jamais peut-être je ne connaîtrais le début de retour dans cet échange incognito entre toi et l’inconnu.
jean-paul gavard-perret
Photo Miron Zownir