Michelle Labbé, Le paradoxe de Jim

Michelle Labbé, Le paradoxe de Jim

Ils se peut que les jours ne soient plus que les miroirs des catastrophes du monde des héros et héroïnes du livre (Suzanne et Marcel). Michelle Labbé ré-imagine leur monde et leurs traces là où les parfums ont a nouveau des mots et tout se contredit des abîmes. La langue de l’auteure suture des écarts, refait de la beauté là où au besoin Suzanne décroise les jambes. Entre un aéropage de personnages se crée – bon gré, mal gré – une vie autre que les perturbations du monde.
Bref, ici ce livre à un nom – c’est l’existence qui, bien que proche d’un paradoxal « Lord Jim », n’est pas loin. Existe un espace sensoriel où le ciel lui-même devient un immense éclat de soupe, où les mots reconstruisent une sérénité avec des vagues de tendre, de rêve et des « nasses d’amour » – chambres de bonnes qu’importe.

La narration veut laver la vie, essuyer les chagrins par les avalanches où le stoïcisme ne suffit pas toujours. Michelle Labbé extrait sa pulpe (et si elle souille les doigts, qu’importe) car ce qui compte, c’est l’arête que le nouveau temps forme là où, depuis l’Ecole Boulle, le registre du monde peut être ré-emmeublé. Il devient presque bleu, sortant de l’incandescence, de la froideur et des saignées. Les héros permettent de produire une nouveau rythme de vie et de nouvelles danses.

Michelle Labbé, Le paradoxe de Jim, L’Harmattan, coll. Rue des Ecoles / Littérature, 2026, 228 p. – 20,00€.

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