Marion Lafage, Berlugane

Marion Lafage, Berlugane

Il est des livres dont – même si nous ne savons pas pourquoi – le titre fascine. Sans doute parce qu’il parle à l’inconscient. A ce titre (pour ainsi dire…), Berlugane devient le « lieu » d’une géographie mythique où se mélangent souvenirs, imaginaires et pensées de Marion Lafage. Elle crée des berlues éberluées.

Nous ignorons à cette lecture qui est la rêveuse de mots et qui fuit la nostalgie. Dans les pages de ce récit existent des crèches à raviner, des hasards à risquer là où à l’origine (mais pas uniquement) se ressent un nid inaugural.
Mais la narratrice nous égare dans les portes des désirs, des aveux de l’héroïne jusqu’à nous – fiers parfois de deviner les non-dits que Marion Lafage suggère. Si bien que ce récit crée des arborescences horizontales et verticales au sein de cités à la Italo Calvino.

Jusqu’à la fin de ce livre, nous parcourons de tels espaces presque dans tous les lieux et tous les corps. Nous retombons dans la mer et des aubes à pieds joints dans le réel et l’imaginaire, préoccupés d’intrigues troublantes. La « voix » de la narratrice chuchote des vocables qui nous ébranlent. Nous sommes contraints de les accueillir et les subir tant ils sont impérieux et paraissent infaillibles. D’où l’épreuve de tels évènements.

Marion Lafage, Berlugane, Les éditions du chien qui passe, 2025, 112 p. – 12,00 €.

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