Les nuits d’une demoiselle

Les nuits d’une demoiselle

Mêlant naïvement et sensuellement le charme du music-hall et d’une poésie doucement surréaliste, Marie Dauphin nous raconte les petites fleurs d’une vie

Dès que nous pénétrons dans la salle, assez intime, le ton de la scène, nous le saisissons vite, titillés, interloqués, happés par la poésie objectale du décor : ne dévoilons pas le mystère, ne gâchons pas le goût de la découverte, mais des choses belles et simples se juxtaposent, laissant deviner la candeur et le rêve de ce qui va suivre.

Avec beaucoup de poésie, de naïveté, avec des chansons douces et sensuelles, Marie Dauphin nous raconte sa vie. Certes, il n’y a pas de fil narratif, mais c’est bien plutôt l’harmonie d’une atmosphère – mi-nocturne, rêveuse, sensible – la prolongation d’une ambiance, le fil de la poésie des mots joués et des scènes de vie d’une femme-enfant charmeuse… oui, c’est tout cela qui crée une unité ici. Un musicien sur scène – Paul Galiana – accompagne à la guitare sa belle voix fluide, et plus, même : lui répond, rebondit avec elle. Dans la lignée de l’esprit Lapointe/Vian/Tardieu, Marie Dauphin varie les jeux agréables sur les mots, sur la vie quotidienne, réveillant les vertus truculentes et lyriques de la langue populaire – ce qui ne veut pas dire vulgaire !

Les sketches – signés de son ami Gauthier Fourcade – on peut les dire onirico-comico-métaphysico-linguistiques, et lâchons le mot : pataphysiques ! Un délice oulipien que ce « bout » qui nous fait parcourir un bout de chemin dans les bouts et les plis de la langue, et les petites inconsistances légères de la vie et de nos espérances quotidiennes. Les chansons, elles, sont rêveuses et drôles, voire coquines, telle notamment cette savoureuse reprise des nuits d’une demoiselle écrite par Guy Breton pour Colette Renard.

Marie dauphin nous entraîne littéralement dans sa bonne humeur et sa joie d’être sur scène avec nous. Un moment agréable, simple et ravissant.

samuel vigier

Les nuits d’une demoiselle
Mise en scène :

Michel Alexandre
Avec :
Marie Dauphin
Guitares :
Paul Galiana

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