Le Coup de l’éventail
Lila & Lin forment un couple atypique à Belleville. Lila rêve de kung-fu. Lin en est maître
La mouche finit toujours
par se poser sur la langue du lézard immobile.
Paris est en ébullition et s’apprête à célébrer le Nouvel an chinois. Lila, notre jeune et impétueuse héroïne, surprend nos désormais célèbres gorilles de la triade du Canard laqué, Tchin et Chin, en train de convaincre un marchand de feux d’artifice de ne plus s’approvisionner chez la triade de l’Éventail, mais chez eux.
À partir de là, tout s’enchaîne, et à toute allure. Les festivités battent leur plein et les dragons se déversent dans les rues de la porte d’Ivry. Soudain, le drame. Une femme est touchée d’un coup de revolver sorti de la bouche d’une des divinités. Parmi la foule, nul ne semble s’en préoccuper, hormis des femmes chinoises qui font très vite disparaître la malheureuse. Nul ne semble s’en préoccuper ? C’est aller assez vite en besogne. Si Lila n’a pas sa langue dans la poche, elle a surtout ses yeux toujours en alerte. Wou, son comparse du moment, aussi. Et pour compliquer le tout, voilà que ce dernier est enlevé. Faut dire que son oncle dirige la triade du Canard laqué et que, dans la gueule du dragon, Lila a entraperçu les gorilles susmentionnés ! La guerre entre triades est déclarée. Aussitôt dit, aussitôt fait, Lila part à la rescousse de son camarade, en espérant que maître Lin ne tardera pas à se manifester.
Toujours aussi imaginatif, Bruce Litchi nous emmène à la rencontre du folklore de la communauté chinoise parisienne. Il y est aussi question de rivalité entre triades et d’intervention de la vieille Chine. Car il ne faut pas perdre la face et les ordres viennent de loin. Le marché parisien est vaste. Il faut se le partager.
Notre petite effrontée se rapproche sensiblement de Wou, et le découvre moins impliqué que jamais dans les affaires malhonnêtes de son oncle. Notre ami et commissaire de la Chope-Suée fait aussi son apparition toute secondaire, en fin de roman, pour se rappeler à notre bon souvenir.
Sinon, Jean-Claude Van Monsieur continue de nous donner ses leçons de kung-fu. Ce coup-ci, c’est « Le moustique assoiffé de sang aigre-doux » qui nous est enseigné. Et l’on a toujours le maintenant célèbre bêtisier avec « Les phrases auxquelles tu as échappé… »
En Afrique, la mouche bégaye et on l’appelle tsé-tsé ; en Asie, elle ne bégaye pas, alors on ne l’appelle pas.
Cherchez la morale à cette histoire !
Lire les articles consacrés au tome 1 (« Dans les griffes de la triade« ) et au tome 2 (« Les cinq doigts de la mortqui tue« )
julien vedrenne
Bruce Litchi (texte) & Julien Cordebar (illustration), Le Coup de l’éventail, Magnard Jeunesse coll. « Tipik cadet Lila et Lin » (épisode 3), octobre 2005, 94 p. – 5,90 €.