Le cas va lier
Quand l’amour se vit, son poème semble inachevable. Toutefois, son génie ne se prend pas au charme mais au pas de charge : le lit craque, le plancher glisse, le mur « oblique » eu égard aux flux des amants dont l’incertitude reste porteuse d’unité fragile. Quant à leur silence (par bouffées), il s’écrit faute de mots, points et virgule.
L’un tord son encolure, tourne la tête. Vole la crinière de l’autre. Membres arrachés à la terre, ils se cabrent, s’ébrouent, caracolent. L’homme se lance au loin, la femme reste pliée sous son ventre que des flammes allument. Ils se battent dans la pénombre. Mais elle le transforme en Pégase car elle connaît le besoin de sa bête : « Fouette cochère », hennit-elle pour qu’il saute sa haie.
jean-paul gavard-perret
Photo de Tchabo