Le beau cou plaît
Notre propre histoire n’est pas bonne, elle bascule. Mais les Pyramides, Saint-Pierre de Rome et les MacDonald tiennent debout. La nôtre s’efface devant les vestiges de sorciers divins ou de graisses. Chacun passe son tour – avec les Japonais et les pigeons plus infatigables que l’insomnie.
Mais notre aventure est confinée dans un grand spectacle. Le balancier continue son mouvement entre notre banalité et le lustre. A force, nous nous ne souvenons d’aucune de nos péripéties sinon celle du petit oiseau qui sort un peu quand cela lui plaît. Il fait coucou et répète toujours la même chose : ne remets pas à demain ce que tu peux faire aujourd’hui. Notre comédie coule, lisse sans metteur en scène pour dévoiler la fin.
C’est à se demander quand on est monté et quand nous descendons. En sortant, près du métro peut se rencontrer Dieu appuyé sur un coude aux feux. Demandez-lui : « Alors j’existe ?». Il acquiesce de la tête et parfois il ajoute : « Tu es formidable l’ami, continue ! ». Nous n’en sommes pas sûrs. Mais la tâche accomplie, il faudrait en profiter pour reprendre encore un genre d’affaires privées en une coexistence discrète avant de prendre l’ixième bus de la journée.
jean-paul gavard-perret
Photo Bettina Pittalunga
