Gianni Berengo Gardin & Giovanna Calvenzi, Gianni Berengo Gardin

Gianni Berengo Gardin & Giovanna Calvenzi, Gianni Berengo Gardin

Maestro

Né à Santa Margherita Ligure en 1930, Gianni Berengo Gardin à l’âge de 24 ans a décidé de se consacrer à la photographie, sa plus grande passion, en commençant à travailler pour des journaux Les styles dominants de cette époque étaient certainement le style français, plus sensible aux mouvements artistiques et humanistes, et le style américain, plus lié au monde du reportage.

Le photographe sut mêler le meilleur des deux : en fait, il s’est principalement inspiré de ce dernier, auquel il a cependant appliqué les techniques du premier, dans une synthèse particulière qui lui a valu, selon certains, le titre d’artiste. Ayant rapidement consolidé sa renommée (entre autres dans ses visions à Venise), Berengo Gardin poursuivit son activité de reportage avec un succès considérable. Son travail est encore exposé aujourd’hui dans les plus grandes expositions du monde et ses livres se comptent par dizaines, mais son style unique reste presque inchangé.

Les asiles étaient alors de véritables prisons où « les fous » étaient essentiellement destinés à voir leurs jours, cachés du reste du monde, prendre fin, Berengo Gardin combine dans ses clichés la recherche de l’humanité chez ces « hommes-bêtes » avec un aperçu plus large de la désolation qui règne dans ces prisons Mais parfois plus douce, son œuvre réserve une part au baiser. Vu par le photographe comme le miroir des cultures de l’époque, le baiser devint dans son imaginaire un symbole de liberté, un élément représentatif du changement social et culturel qui traverse l’Italie dans les années 70.

Dans tous les cas, pour lui, « Le photographe regarde toujours d’une manière différente de celle des non-photographes. Parce qu’il voudrait – je ne dis pas voler – il voudrait s’approprier la situation. » avec une série personnelle de procédés techniques et stylistiques. Mais il est célèbre pour son rejet du numérique, qu’il accuse de proposer des photographies chaudes, métalliques et plates et de favoriser l’altération et la manipulation extrêmes des images. Les possibilités du numérique, selon Gianni Berengo Gardin, mettent de nombreux débutants « hors piste » dès le début, rendant leurs clichés beaux, mais pas « bons », agréables mais vides.

Le photographe estime aussi que les couleurs sont une distraction, qui enrichit l’image mais risque de distraire l’observateur. Pour cette raison, toutes ses photographies sont en noir et blanc. Convaincu du fait qu’il y a une différence substantielle entre une belle photo qui n’a pas forcément de sens et une « bonne » photo qui, en revanche, est efficace, car elle communique quelque chose au spectateur. Grâce à elle, ce qui est important pour Gianni Berengo Gardin, c’est de pouvoir raconter une histoire à travers ses images.

jean-paul gavard-perret

Gianni Berengo Gardin & Giovanna Calvenzi, , Gianni Berengo Gardin, Photo-Poche Edition, 2024, 144 p. – 14,50 €.

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