Laurence Courto, Œuvres récentes (exposition)

Laurence Courto, Œuvres récentes (exposition)

Poursuivant son travail sur les natures mortes, désormais les oignons, les calebasses des années Covid ont laissé place aux bols et aux coupes. Mais la créatrice va plus loin. Pendant ses deux derniers séjours à Kanazawa et Ise, elle travaille sur la verticalité, sur la présence-absence des chawans – bols utilisés pour la préparation et la consommation du thé et dont le choix de l’utilisation dépend de diverses considérations. « Ils s’élèvent sur la toile libre ou qui se glissent sur l’étroit chemin d’une toile tendue. Ce projet me mobilise totalement. », écrit-elle.

Laurence Courto reste toujours avant tout peintre. Elle retrouve dans son art la même angoisse que lorsqu’elle plongeait en des profondeurs mais ici elle cherche un autre équilibre entre la prudence et oser. Plus que le privilège de la figuration, elle interroge sa forme, sa figure au nom d’une exigence intime qui prend sa source sans doute dans un itinéraire tourmenté. Mais le contenant prend la place du contenu et son volume est traité de manière plus géométrique qu’algébrique : place aux lignes, voire à une certaine forme d’abstraction.

Le récipient devient un prétexte sans savoir où et comment l’inconscient de l’artiste se cache dans de telles œuvres et les sensations qu’elles offrent. Elles ne demeurent pas intactes comme chez un Morandi. Une telle évocation évoque un lyrisme contenu à travers ce qui se passe plus sur le dehors que dans le dedans. Ici, la créatrice cherche un flot d’extases sommaires ou plus longues et crée un courant salvateur de nombreuses lueurs d’émotions.

Les curiosités de l’Orient ouvrent le regard de la créatrice par le noir ou les couleurs de tels flacons. Ils dansent libérés d’un socle dans leurs ascensions. Et ce, eu égard aux nouveaux formats : hérités eux aussi de la culture japonaise, ils s’éloignent et s’allongent loin les formats carrés de la plasticienne. Tout devient aussi profond que léger là où des « ustensiles » s’extirpe l’aveu d’un secret montant très haut, montant au ciel sans que Dieu forcément nous aide.
Place à l’ivresse (en liberté) de la dive bouteille et ses sœurs.

jean-paul gavard-perret

Laurence Courto, Œuvres récentes, Galerie Chappaz, Trévignin, à partir du 12 septembre 2025.

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