La vie à lent vert

La vie à lent vert

La campagne étant si triste, elle rappelait à quel point tout est mathématique. Le vide multipliait le zéro là où son souffle régulier s’attaquait aux clairières et sentes. Le vent faisait frissonner ses narines mais son corps se gélifiait en raison du crachin salivaire. Tout était si morne que cela impliquait une manière de perfection.

C’était d’un dur ennui et toute comparaison pour l’évoquer évoquait un soldat sur une poule et dont le luxe serait de laisser fumer sa cigarette pendant qu’il se délasse même s’il y a quelque chose de militaire vue la manière dont il est habillé. Et là, à la fois transi et suant, il s’arrêtait quelques secondes pour éviter la guerre réfrénée par l’expansion de ses pensées de rêveur. En cela, il est redevable au philosophe qui fut aussi poète : « Ne pas blâmer les fous, Ne pas envier les grands, Ne pas railler les faibles ». Un tel qui d’âme en tira sa faiblesse mais tout autant son aspiration vers le haut.

Photo : Florence Deba

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