Julien Burgonde, La Nostalgie du fossoyeur

Julien Burgonde, La Nostalgie du fossoyeur

Onze histoires, courtes, a priori sans lien les unes avec les autres, qui amènent le lecteur dans l’imaginaire et les souvenirs de l’auteur

Julien Burgonde, pseudonyme d’un médecin cancérologue de profession, est un enchanteur qui, au fil de ces petites histoires émanant de son imagination, de ses suppositions ou de ses souvenirs, nous fait voyager à travers les âges, à diverses époques. C’est à une véritable visite des lieux et du temps que nous convie cet auteur atypique, qui a publié, également chez Actes Sud, Icare et la flûte enchantée. 
Julien Burgonde aime revisiter les faits historiques – ou tout du moins ceux qui ont marqué notre Histoire, qu’ils soient avérés ou imagés. Le lecteur est ainsi amené à suivre les pas des apôtres après la mort du Christ, à suivre les pas d’une jeune Russe dans la ville de Kronstadt en pleine guerre ou encore à écouter Mstislav Rostropovitch jouer du violoncelle au pied du Mur de Berlin.

Cette histoire n’est d’ailleurs pas anodine tant la musique a semblé guider l’auteur lors de son écriture. Tel un mélomane, le lecteur se laisse conduire au fil des pages comme il écouterait un concerto, suivant les notes une à une, le tout formant à la fin une œuvre juste et harmonieuse. En témoignent le nom de certains de ses récits : « Traviata », « Sarabande »… Rien d’étonnant en somme lorsque l’on sait que c’est en réalité le titre d’un poème de Nikolaus Craigher de Jachelutta, Totengräbers Heimweh, mis en musique par Franz Schubert, qui amena l’auteur à penser La nostalgie du fossoyeur.

Chaque histoire suit ainsi un fil qui, bien qu’invisible au début, nous apparaît petit à petit autour des thèmes récurrents de la mort et de la renaissance. Comme le dit l’auteur lui-même, ces onze récits, nés dans l’indépendance et le désordre, ont peu à peu constitué un cycle dont le fil, sans le secours d’Ariane, tente de pénétrer le dernier labyrinthe. À quoi bon d’ailleurs le secours d’Ariane puisqu’il n’est pas prévu de retour ? Ainsi, dans l’imagination de Julien Burgonde naissent les récits nommés « Le cercueil », « La mort dans la cave » ou encore « L’arbre de vie ».

Onze histoires, courtes, a priori sans lien les unes avec les autres, qui amènent le lecteur dans l’imaginaire et les souvenirs de l’auteur, sa vision du monde, de la vie, la mort… Mais jamais d’une manière tragique malgré certains récits placés sous le signe du drame, comme « Galina. Un hiver à Kronstadt ». Pourtant, c’est bien la vie, sous la forme de la renaissance entre autres, qui ressort de La nostalgie du fossoyeur. Plus qu’un ouvrage, c’est une mélodie, un hymne, qui se répand page après page, sans fausse note, ou bien comme le dit l’auteur lui-même, un philtre

v. cherrier

 

   
 

Julien Burgonde, La Nostalgie du fossoyeur, Actes Sud coll. « Un endroit où aller », mai 2006, 325 p. – 19,80 €.

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