Joël Mansa, L’impartagée

Joël Mansa, L’impartagée

Entre imploration et lucidité, l’appel du double est central. Reste de fait à savoir lequel ou le bon. Car si l’appel est en conséquence l’autre mot de l’amour, il faut avoir le cran de dire ce qu’il en est. L’aveu n’est pas facile. Mais Joël Mansa transforme ses poèmes en écho aux émotions et angoisses qui traversent le cœur de l’homme forcément partagé.

Ce livre est animé par l’impulsion du « possédé » par une force secrète qui dépasse la périphérie du corps et du cœur. Demeure toujours le souffle du poète. Et ses yeux dardent son chemin sans rien perdre du frémissement d’une forme de transcendance. Elle ne cherche pas à mettre « le ciel en cage », mais il reste une visée au-delà de la mort de celui qu’il a traversé « face au monde jusqu’à l’aube », en demeurant, arrimé à la solitude en « l’impartagé » dont la singularité de sa vie et dans ses poèmes font de l’amour la rencontre et l’élan et aussi l’échec et la chute.

Mais la quête demeure car, en miroir, « l’impartagée » illumine Mansa. Mais un chant de l’idéal se mêle au spleen. En ce sens, il reste proche de Baudelaire hier et de Thibault Biscarrat aujourd’hui. Existe dans cette œuvre ce qui laisse perplexe et étonné. Il se peut qu’une sorte de félicité au-delà du corps inspire le poète même s’il ne se résigne pas. Il sait que l’extase lui est toujours comptée mais sans rien perdre des frémissements du monde et de sa sensualité, quitte à préserver le souffle où le cœur dépasse la vie rêvée ou ratée.

Joël Mansa, L’impartagée, Le nouvel Athanor, 2025, 104 p. – 18,00 €.

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