Jean-Paul Honoré, Carnet de Naples

Jean-Paul Honoré, Carnet de Naples

J-P Honoré invente une forme plus ramassée et évitant le motif descriptif. A titre d’exemple, « L’espresso napolitain est petit, serré comme un scorpion. À peine le temps de l’avoir bu, il laisse sur la langue le souvenir de sa piqûre. ». Ce texte montre l’éclat et la verve de l’auteur. Il traverse l’Italie par sauts et gambades, se moquant du précis touristique là où tout son savoir tient du parfait caprice.

Ce Carnet rassemble les notes prises à Naples et dans ses environs pendant un séjour d’hiver. Ce livre devient un genre dans la lignée des Carnets de tourisme de Stendhal en Italie (entre autres). Reste son goût pour les détails, le charme et l’ambiguïté parfois effrayante et souvent drôle et pleine de vitalité en son style et à travers les lieux.

Certes existe apparemment un danger car domine le taciturne du Vésuve. Mais à Naples vivent les dômes baroques, les pavés noirs, les auberges bondées et même des sépulcres. Dans cette région, la population est mélangée. Et autant les feux d’artifice que les champs d’ordures donnent à l’inéluctable une forme poétique. Naples devient une métaphore parfaite de l’existant – proche du risque mais où un certain réconfort tient la gigue.

Jean-Paul Honoré, Carnet de Naples, Nous éditions, 2026, 96 p. – 14,00 €.

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