MIA Photo Fair

MIA Photo Fair

MIA Photo Fair, fondée en 2011, s’est indéniablement imposée comme la principale foire photographique en Italie. C’est désormais un événement attendu chaque année. La nouvelle directrice  Francesca Malagra a créé un changement majeur : l’introduction d’une thématique annuelle. Ces trois dernières années, elle travaille autour des notions « Changing »  puis « Dialogue » et cette année sur l’idée de « Metamorphosis ». Ces thèmes reflètent à la fois les transformations progressives de la foire et font écho aux transformations constantes du médium photographique, dans ses usages sociétaux et les expérimentations des artistes.

De plus et désormais pour la foire, plusieurs sections sont offertes à des curateurs, ce qui implique d’ouvrir  des regards différents, à des scènes artistiques plus variées. Une plus grande internationalisation est devenue aussi un nouvel objectif.  30 % des galeries viennent de l’étranger. Sur les 76 galeries participantes, 23 participent pour la première fois, ce qui signifie une ouverture de la foire comparée aux précédentes années. Et cette ouverture est le fruit des recherches menées par les commissaires qui explorent différentes scènes artistiques permettant de découvrir des galeries et des artistes prometteurs.

La directrice donne par ailleurs leur chance à de très jeunes galeries. A titre d’ exemple, l’exposition « Maman est là » de Julie Scheurweghs  ou encore la galerie Vue, fondée il y a à peine quatre mois.  Cette année, de nombreuses galeries font le choix de présentations monographiques, par exemple la Galeria Alta avec Todd Hido, à Building avec Roger Ballen. Est-ce une orientation encouragée par la foire ?
Avisée, la directrice souligne que ce choix qui comporte un certain risque commercial pour les galeries, mais qui enrichit considérablement la qualité d’une telle foire artistique très  appréciée par les collectionneurs avertis. Plusieurs d’ailleurs préférent ce type de propositions. Et cette cette stratégie contribue aussi à rendre la foire plus lisible et plus cohérente.

Tous les visiteurs ne viennent pas nécessairement pour acquérir des œuvres importantes, mais ils peuvent découvrir des artistes, échanger avec les galeries et parfois concrétiser des acquisitions plus tard. Une progression dans l’acte de collectionner se confirme en un monde incertain.
La dimension internationale de Milan s’en fait l’écho, et la ville s’y est ouverte, au moment où la foire se démultiplie dans la ville, avec un programme satellite renforcé avec les collaborations avec les institutions milanaises. Cette année, plusieurs musées présentent des expositions de photographie en parallèle de la foire, à l’image du Senato Hotel Milano, Tecno Showroom, Alessia Paladini et bien d’autres galeries.

Elles rejoignent une petite dizaine de musées qui ont également une programmation photographique en lien avec la foire. Par exemple, le MUDEC – Museo delle Culture, accueille en ce moment deux siècles d’histoire de la photographie. Par ailleurs, une dizaine d’éditeurs, majoritairement italiens, donne un aperçu du dynamisme de l’édition photographique reliée aux cœurs des galeries. Elle rend plus vivante encore la foire.

MIA Photo Fair, Milan du 18 au 22 mars 2026
Photo : Osvaldo Salas

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