Jean-Claude Hauc, Casanova et la Montpelliéraine

Jean-Claude Hauc, Casanova et la Montpelliéraine

Belle de cas dix ou plus

Que Jean Claude Hauc nous rassure en faisant d’un clos d’elles un voir le plus des hérauts d’hôtesses des bois (souvent tordus) d’une époque licencieuse et débridée. Facétieux farceur, brillant poète et essayiste historico-littéraire, l’auteur comme son héros n’y va pas de la main morte…
En engageant un tel histrion, ne fût-ce qu’au Montpellier de jadis, bien des prestidigitations étaient possible et – cerise sur le gâteau (s’il sut les goûter) -, Casanova en est le héros.

L’engagement menteur ne manque pas de pain mais des miches d’une jeune femme. Elle nous éclaire sur la personnalité de celui qui en fut quelque temps non l’amoureux d’icelle mais d’un expert. Certes, dans cette époque, Hauc biographe déplore un certain état des lieux souffreteux de son bourreau et victime de ses devoirs (à la maison ou ailleurs). Il assume ici que « le long de cette décennie à bien des égards constitue un tournant dans la vie de Casanova, celui-ci se révèle accessible à la fatigue et aux défaillances de toutes sortes. »

Mais ne soyons pas dupe ! Hauc est trop content avec un tel sujet (qui sait, peut-être mimétique d’autant que son éditeur, Cauda – le défroqué de la littérature – a poussé le diable par la queue. Mais bien sûr, c’est une façon de presque parler). Toujours est-il que cette aventure singulière, historicisée et surtout animée par un écrivain tel qu’Hauc au feu de l’amour, est moins héraldique qu’érotique ici. Toute proportion gardée.

Suivre la voie de Casanova vers le ciel (des lits, délits et défilés) pousse vers des coquines pour récolter des fruits parfaits – quitte à recoller leur chasteté auprès des tasses de thé – mais aussi gagner la vérole qui devient non un des éléments sinon possibles du moins significatifs des instruments proportionnels à leur besogne.

Mais avouons-le : un tel essai est un plaisir de lecture. L’essai est allègre et c’est le moins qu’on puisse dire. Hauc nous entraîne dans un état de contagion permanente. Ici, il n’écoute que l’ énergie et l’appétit inépuisable eu égard à la jeune Languedocienne capable de prévenance, généreuse et sensible. C’est une métonymie. Mais avec l’amant de la lagune, les histoires d’O continuent sous toutes latitudes.
Ajoutons que, pour cette « love story », en perfide, Hauc ajoute des « appendices »… Il existe donc dans cette collection bien des roués.

jean-paul gavard-perret

Jean-Claude Hauc, Casanova et la Montpelliéraine, Essai, Editions Douro, Chaumont, 2025, 100 p. – 15,00 €.

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