Janwillem Van de Wetering, Meurtre sur la digue
Un inconnu est assassiné d’une balle en pleine tête dans un quartier portuaire populaire d’Amsterdam…
Les Éditions Rivages continuent de rééditer l’œuvre de cet auteur hollandais atypique qu’est Janwillem Van de Wetering, adepte du zen, qui passa dix-huit mois dans le monastère de Kyoto. Meurtre sur la digue s’inscrit dans une série ayant pour cadre la Criminelle d’Amsterdam et dont les trois personnages principaux – et récurrents – sont le commissaire Jan et ses deux adjoints fétiches, l’adjudant Henk Grijpstra et le sergent Rinus de Gier.
À l’instar de Simenon dans son Quai des Orfèvres bien français, de Maj Sjöwall ou Per Wahlöö avec la police de Stockholm, Janwillem Van de Wetering est un parfait adepte du roman dit « de procédure ».
Amsterdam est une ville où fleurissent de nombreux vices, mais le port d’arme est rigoureusement interdit. Alors, quand un homme sans aucune attache est retrouvé mort d’une balle en pleine tête dans un quartier mal famé où les petites combines sont avant tout malhonnêtes, les regards se portent sur une voisine de la victime qui a le tort d’être une tireuse émérite, récompensée par moult trophées. Mais les preuves manquent, et elle semble trop honnête pour être… coupable.
Quand la digue se met en effervescence et que des cambrioleurs défouraillent à droite et à gauche, la police devient nerveuse et resserre les mailles de son filet. On ne donne pas d’ordres, à Amsterdam, on « suggère ». Le commissaire Jan aime bien « suggérer » à Grijpstra et à de Gier, qui passent leur temps libre à improviser des concerts dans les murs du commissariat. De fait, le Chat, un obscur revendeur à la petite semaine qui s’habille en chat et vit avec une véritable vamp, est très vite pris au piège (à souris ?) et l’étau devient intenable pour certains.
Comme toujours dans les romans à procédure, les rouages de la justice sont implacables. Les coupables seront arrêtés et justice sera rendue. On s’attend, à la fin, à ce qu’on monte des sandwiches et de la bière dans une arrière-salle du commissariat avant que l’assassin passe aux aveux. Mais ce n’est pas le cas dans ce roman. On joue beaucoup au chat et à la souris avant de frapper d’une main de fer et tous ces personnages de la Criminelle d’Amsterdam deviennent très vite attachants, avec leur humour, leurs petits travers, et leurs faux airs de détectives au regard dur.
Les amateurs du genre adoreront.
julien védrenne
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Janwillem Van de Wetering, Meurtre sur la digue (traduit par Philippe-Frédéric Angelloz), Rivages Noir, 2004, 289 p. – 8,40 €. |
