Jacques Guigou, Vauvert, vent des vents

Jacques Guigou, Vauvert, vent des vents

Ces poèmes en tercets commencent toujours par le vers « Au bout du jour ». Jacques Guigou inscrit dans ses interprétation personnelle du paysage où apparaissent, par exemple,« sur les enganes quelques traces de rosée » ou« deux paniers remplis d’azeroles ». Le monde se déploie non seulement de Vauvert mais de son diable. L’ensemble devient une enquête sur des territoires là où l’interprétation du paysage est pratiquement motivée par des sortes d’aphorismes particuliers.
Chaque lieu devient un état d’esprit. L’objectif de Guigou n’est pas de représenter mais de fournir un regard affûté. Loin de tout maniérisme, il se voudrait une sorte de Cézanne de l’époque postmoderne. Le regard n’a pas besoin d’autre lieu que celui de l’image elle-même.

C’est là à la fois un moyen de témoigner de ce qui est mais aussi de s’émanciper de la nature. La force de ces poèmes tient à leur qualité de surface et de « matière ». Il y a ici le génie du lieu et la hantise du non-lieu. Ou si l’on préfère, une sorte de pouvoir de la puissance loin de tout folklore touristique. S’éprouve ici un mouvement au sein de la fixité. Le poète propose une autre mise en scène, une autre mise de ce qui est.

Jacques Guigou, Vauvert, vent des vents, Encres Vives, coll. Lieu, 2026, 28 p. – 6,60 €.

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