Jacqueline Saint-Jean, Nous les inachevés

Jacqueline Saint-Jean, Nous les inachevés

Après deux de ses livres fascinants (A fleur d’eau et Lumière rase ), Jacqueline Saint-Jean poursuit la quête de l’aventure existentielle faite de « mauvais rêves / dans les fonds de sommeil-océan » : le corps et l’âme songent encore à leur démesure et désirent « embrasser l’immensité » sous forme de quintiles qui conduisent par ce qu’ils soutiennent.
En jaillit une voix dans dans sa profondeur de sensations, d’émotions, de douleurs, de jouissance, de fulgurations et d’opacités. Reste ici une chance, ou cette possibilité là où la vie avance.

Cette voix féminine se déploie non sans gravité, beauté et majesté là où les quintiles se répondent en écho quel que soit le statut qu’ils explorent. L’auteure écrit le désir le plus profond et le plus large. Elle reste hantée par le démesuré dans la capillarité insidieuse des strophes et leur inexorable énergie.
La poétesse, au corps mystique mais habité de chair, prend le taureau du temps par les cornes et sort des pays des légendes et des ténèbres pour revenir sur la terre. Et si – quoique « inachevé » – notre corps de sable s’effrite, demeurent « nos doigts noircis désirants / insuffisant face à l’infini ». Mais ils s’agrippent.

Jacqueline Sain-Jean, Nous les inachevés, Editions La Feuille de thé, septembre 2025, 65 p. – 20, 00 €.

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