Italo Calvino, Récits
D’une SF surréaliste
Ce volume rassemble près de 200 récits dans des traductions révisées. Nous retrouvons les plus beaux textes de l’auteur sous lesquels demeurent une question majeure précisé par Calvino lui-même : « Où se forme la vision ? dans l’œil ou dans le cerveau ? ». C‘est de la lumière dans les yeux que commencent les défis et les labyrinthes de ses histoires dont les Villes invisibles sont un chef-d’œuvre.
Grâce à Calvino, tous lecteurs se retrouvent au croisement, non seulement du monde en 2 D, mais avec en plus celle « qui perce le crâne et sort par les pieds… » et où un de ses narrateurs précise : » Je sais désormais que le seul monde qui existe est l’opaque et que l’ensoleillé n’en est que l’envers. »
Dès lors, jusqu’à Monsieur Palomar (son dernier « conte »), entre la description et la narration;; tout devient opaque et lumineux chez celui qui peut être un surréaliste à sa manière. Il n’eut cesse d’imaginer le monde d’avant les yeux et après pour inventer un monde au-delà des lieux et de notre pensée.
jean-paul gavard-perret
Italo Calvino, Récits, Gallimard, coll. Quarto, 2025, 1472 p. + 89 documents – 37,00 €.