Henri Lœvenbruck, Le Fantôme de Versailles

Henri Lœvenbruck, Le Fantôme de Versailles

Avec ce nouveau tome, le quatrième qui clôt la série des aventures de Gabriel Joly, Henri Lœvenbruck installe son intrigue en octobre 1789.

Alexandre de Bron, un sous-lieutenant des gardes du corps du roi, s’est introduit dans le cabinet de M. de Noailles pour rechercher des informations sur un membre de la compagnie écossaise. Ce qu’il découvre le stupéfie au point de ne pas percevoir l’arrivée discrète d’une personne qui le tue.
Dans la nuit, Gabriel Joly guidé par Popingue, le jeune orphelin, progresse dans des souterrains vers un atelier clandestin où des enfants sont réduits en esclavage. Le combat contre un gardien est terrible. Gabriel, qui s’était promis de ne jamais donner le mort, retient ses coups. Et cela lui coûte la vie. Tous ses amis sont effondrés.
À Versailles, dans la maison du roi, une silhouette hante les couloirs et sème la mort. L’enquête est confiée au commissaire Guyot qui va être entouré des compagnons de Gabriel pour démasquer le fantôme de Versailles. Mais, la royauté vacille. À Paris, parce que le peuple crève de faim, les Parisiennes menées par Anne-Josèphe Terwagne et la Reine Audu, décident de marcher sur Versailles…

Gabriel Joly, arrive à Paris lors des prémisses de la Révolution. Jeune journaliste, ambitieux, il va vivre des moments de pur bonheur avec Lorette, une jeune femme, rencontrer tous les grands personnages historiques et s’intéresser à un mystérieux justicier qui se fait appeler Le Loup des Cordeliers. Lorsque celui-ci meurt, Gabriel prend la relève et sauve des orphelins de la rue et de la misère.
Ce nouvel épisode se déroule sur quelques jours du mois d’octobre 1789. Tout se met en place. Louis XVI peut penser qu’il conservera son pouvoir malgré un climat électrique. L’essentiel du récit a pour cadre le château de Versailles où se retrouvent tous les acteurs des épisodes précédents. C’est avec un plaisir non dissimulé que l’on retrouve Anne-Josèphe Terwagne connue sous le nom de Théroigne de Méricourt. Le commissaire Guyot est secondé par le pirate Recif et ses frères Renégats. Mais revient l’ignoble colonel Duvilliers, un familier du comte de Provence, un frère du Roi.
Le romancier ménage une large place aux personnages féminins. Il montre le phallocentrisme qui régnait au sein de ces révolutionnaires qui voulaient abattre la tyrannie, libérer le peuple, mais un peuple sans les femmes. Pas question de leur donner l’égalité. Ces machos n’ont-ils pas été jusqu’à leur interdire d’intervenir dans les délibérations publiques, de faire partie de la majorité des associations politiques ?
L’auteur, qui signe un récit extrêmement documenté tant sur les divers événements que sur les arcanes du château de Versailles, fait ressentir la tension de l’époque, les montées de violence. S’il mêle avec une parfaite maîtrise personnages authentiques et protagonistes de fiction, il propose d’abord un roman où révélations et rebondissements s’enchaînent sans répit.

Avec Le Fantôme de Versailles, Henri Lœvenbruck clôt de belle manière sa quadrilogie et donne les réponses sur les différents mystères dont il a émaillé ses romans. Mais ce livre se découvre avec bonheur sans avoir lu les précédents.

Henri Lœvenbruck, Le Fantôme de Versailles, XO Éditions, novembre 2025, 480 p. – 22,90€.

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